‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 262 sur 268 · DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE XV. Jy · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE XV. Jy

en résulterait pour le colosse déjà si formidable qui s'appuie sur Saint-Pétersbourg et Odessa. « Il est de a l'intérêt de l'Europe continentale , de la France en a particulier que la Russie tienne l'Angleterre en échec « dans l'extrême Orient. Les forces matérielles de la « Russie ne sauraient rester inactives : si elle est re- « poussée du côté de l'Asie centrale, elle retombe de « tout son poids sur TOccident, et une politique trait ditionnelle lui fait une loi de se mêler à toutes les ic querelles de l'Europe (i). » Mais d'une autre part , si une lutte sérieuse s'engageait entre elle seule et l'Angleterre, en supposant cette lutte terminée en sa faveur et l'Angleterre ruinée par la perte de l'Inde, où serait alors la digue qui arrêterait le torrent ? Il faut donc que la France grandisse à côté de la Russie, qu'elle acquierre un développement parallèle et proportionnel afin de pouvoir toujours lui faire équilibre, et qu'elle serve désormais de garantie aux autres nations de l'Occident. Or il serait très facile à la Russie de satisfaire la France sur ces deux points, sans aucun sacrifice réel et par une concession toute naturelle dans laquelle elle trouverait elle-même son avantage : 1° qu'elle s'accorde avec la Prusse et l'Autriche pour rendre à la France la ligne du Rhin, sa frontière naturelle qu'elle voudra avoir, qu'elle aura tôt ou tard. Il est facile à la Russie de rendre cette cession avantageuse à ces puissances , en leur abandonnant en échange sa part de la Pologne où elle trouve si peu de sympathies, a" Qu'elle garantisse à la France la possession de l'Egypte. La Russie s'af-

(i)M. de JaHcigny.

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franchirait ainsi d'une menace et d'une inquiétude continuelle : au lieu de sujets rebelles et d'ennemis invétérés elle aurait une alliée toute-puissante , la France, heureuse et reconnaissante de Taccomplissement de ses plus chers désirs. Elle pourrait dès-lors, libre de tout souci , aller s'asseoir sur le trône du grand Mogol sans craindre que l'Angleterre pût faire jouer chez eliela terrible mine des révolutions qu'elle sait si bien attacher aux fondations des empires. Que la Russie y réfléchisse : La ligne du Rhin et l'Egypte pour la France ; le monopole de l'Asie centrale et tout l'empire de l'Inde pour elle-même , en échange de sa couronne d'épines en Pologne. Pourrait-elle hésiter devant les conditions d'un pareil marché? Pierrele-Grand l'aurait signé de son sang !

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