‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 31 sur 268 · PREMIÈRE PARTIE.— CHAPITRE TI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE.— CHAPITRE TI

gagnèrent encore rien j car du ser>dce de Nizani*Âly, le petit bataillon errant passa à celui de Hyder, et ce fut sous les drapeaux de ce dernier qu'on le vit contribuer d'une manière décisive à quelques-unes de leurs plus sanglantes défaites , à la bataille de Perimbaucum et à celle de Coleroun , dans lesquelles les armées de Saillie et de Braithwaite furent exterminées, ou ne durent le salut de quelques prisonniers qu'à la générosité chevaleresque des Français.

De nouvelles prétentions toujours plus tracassières de la part des Anglais font enfin conclure à Nizam- Aly, en 1 780, la seule alliance raisonnable de sa vie, une alliance offensive et défensive avec Hyder-Aly et les Mahrattes. Cette guerre conduite par le sultan de Mysore avec une vigueur extraordinaire, réduit bien» tôt les Anglais à la dernière extrémité. Hyder porte le feu et la flamme jusque sous les murs de Madras. C'est le moment pour le Nizam de leur reprendre tout ce dont il a été dépouillé depuis vingt ans. Les Circars du nord entièrement dégarnis de troupe lui offrent une proie bien facile; mais comme toujours son trésor se trouvait vide; esclave des plaisirs des ^Ds, il dissipait en orgies tous les revenus de son empire, et quand venait le moment d'agir dans une guerre qu'il avait lui-même vivement excitée, il n'avait pas de quoi payer ses troupes qui ne bougeaient pas. D'un autre côté, les succès d'Hyder-Aly et de lippoo réveillent sa jalousie ; les Anglais n'épargnent pas les promesses, des sommes considérables d'argent comptant sont offertes à son avarice : il ne peut résister à la tentation. Au moment décisif de la crise, il se

iio L*i:VDE ANOLÀISE EN 184S.

sép{ll*e donc de la confédération et la rend impuissante. Cette défection amène la paix de 1784, où lés Anglais se trouvent heureux d'obtenir pour base du tl'aité la restitution des conquêtes mutuelles.

Le hfiême défaut de suite dans les vues jpolitiques deNizam-Aly, la même incurie dans ses finances font ^ de son long règne une série prolongée de désastres pour le gouvernement d'Hyderabad, qui est battu dans toutes les guerres où il se trouve entraîné de 1 760 à 1 7905 quel que soit Tennemi qui lui est opposé, Mahrattes, Anglais ou Mysoréens, le résultat est toujours invariablement le mêiiie: perte de considération, perte successive de territoire et de revenu. Ce gouverneinent voit successivement lui échapper pouvoir, honneur , ressources ; il devient plus faible au-dehors , plus tyrannique atl-dedans.

De 1784 à 1790, les relations et les obligations réfcîproques du Nizam et de la Compagnie restent vagues, incertaines et mal définies. L'ambitioh des Anglais était Retenue dans ses premières limites par des ordres formels du parlement. De leur côté, les Mahrattes étaient occupés de leurs querelles intestines et Tippoo de ses plans d'organisation. Grâce à cette réunion de circonstances favorables, le gouyemement d'Hyderabad put jouir de six années de tranquillité. Au lieu d'en profiter pour remettre de l'ordre dans ses affaires, Nizam-Aly n'y voit qu'une occasioil de se livrer au plaisir avec une nouvelle fureur. Pour fournir aux potnpes et aux vaines cérémonies de sa cour, à ses brillantes cavalcades, à ses orgies, à ses nâtche, ailx largesses qit'il prodigue à sesbayadèreè, il perçoit

PREMtÉRE IPAI^TlË. -^ CH At^tlIlË YI . tu

les impôts ôe certains districts, quelquefois cinq cuin en avance^ et laisse son armée dont la solde est arrié^ rée subsister de pillage. Son ministre, le femeuk Azimoul-Oumrah, dont le principal talent est de savoir trouver de l'argent quand tout autre abandon*» nerait la tàcbe comme Impraticable, s'épuise en efforts degénie pour arracher au pays dans le moins de temps possible ce qui lui reste de substance. Cependant les embarras financiers arrivent à une crise effrayante et toute la machine de ce gouvernement va peut-être cesser de fonctionner, quand les Anglais proposent un moyen pour en sortir. C'est une alliance offensive et défensive entre le Nizam, la Compagnie etlesMahrat* tes pour attaquer Tippoo et se partager ses dépouilles^ Le résident anglais est chargé d'exposer au Nizahi^ sous les plus fortes couleurs , le caractère avide et turbulent du sultan de Mysore, son insatiable ambition, ses immenses richesses. li fait brillera ses yeux tous les avantages de l'alliance proposée, lui promet tme part égale dans le butin, une mutuelle garantie des domaities respectifs, la restitution de tout ce que Hyder-Aly et Tippoo lui ont enlevé. Un gouvernement asiatique, surtout en pareille position, n'était pas de force à résister à des tentations de ce genre. Le traité fut donc conclu le 4 jnin 1790; on s'engagea à ne conclure aucune paix séparément et à faire payer par l'ennemi tous les frais dé la guerre.

Après des succès variés, la fortune se déclare pour la confédération et les hostilités se terminent par lé traité de paix du 19 mars 179a, qui ajoute ou plutôt qui restitue au territoire du Nizam tout le pays

lia L'INDE ANGUISE EN 1848.

compris entre le Crishnah et le Pennar , d'un re* venu de 5a6,4oo livres sterling, environ 149000,000 de francs.

Les Anglais avaient cherché dans Talliance du Nizam plutôt sa neutralité que sa coopération, car son armée complètement désorganisée n'était guère dans e cas de leur rendre aucun service. Cependant c'est dans le cours même de cette guerre qu'un nom français reparaît encore une fois avec éclat sous la bannière de Golconde. <f Le génie de Bnssy semblait « s'être multipHé en s'éloignant. L'influence politic( que de la France était alors détruite, mais il restait « dans la péninsule un grand nombre de Français n qui presque tous passèrent au service des princes « indigènes. Dénués de tout appui extérieur , sans « autre ressource que leur épée, mais braves, hardis, a entendant la guerre, d'humeur joyeuse et de mœurs « faciles, ces aventuriers se rendirent sur plusieurs ce points, utiles, indispensables à ceux qui les émet ployèrent. Dans sa souplesse, le caractère fran- <c çais se prêtait merveilleusement à ce rôle qui n'au- « rait pas aussi bien convenu aux Anglais. » (0 Le Nizam n'avait jamais cessé d'en avoir quelquesuns; on en voyait aussi chez Tippoo, chez les princes Mahrattes; ils les mettaient en état de combattre, les soutenaient, les encourageaient. Quelquesuns de ces hardis compagnons avaient parfois suffi à tenir en échec toute la puissance britannique. C'était Lally, de Boigne, Perron, qui étaient chez tous ces

(i) Barcboa de Penhoën.

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