PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE X
obéit à Fiiistant. Ce qui parait extraordinaire, c'est que jamais , à moins d'une cruauté excessive du cornac, il ne cherche à secouer le joug de Tinsecte humain qui le tourmente.
Quand le Résident et tout son cortège furent mon* tés, la procession se forma en colonne et s ébranla précédée de tamtams et de cymbales, accompagnée des chobdars et des pions ( domestiques à pied ) du ministre qui couraient à côté pour écarter la foule , et suivie d'une troupe de cavalerie de la Compa*» gnie formant l'arrière^-garde et l'escorte du Résident. Dans cet appareil imposant nous traversâmes tout le faubourgs de Chaderghât, à une des extrémités duquel s'élève le palais de l'ambassadeur et qui est terminé à l'autre par un pont jeté sur la Moussa , petite rivière qui le sépare de la cité. Ce torrent était alors presque à sec ; mais dans les mois d'août et de septembre, vers la fin delà saison des pluies, il roule avec fureur, entraînant tout sur son passage et portant la dévastation jusqu'aux murs de la Résidence.
Dès qu'on a traversé le pont, on se trouve au pied (les remparts qui offriraient des ruines plus pittoresques s'ils avaient été construits avec plus de grandeur. 11 ne faut chercher ici ni pierres colossales, ni fragmens de maçonnerie: tout est poussière plus ou moins friable, qui se détache et s'enlève en tourbillons dans latmosphère à chaque souffle du vent ou se liquéfie sous l'orage en une boue infecte. Point de fossés si ce n'est le lit généralement sec de la rivière, point de glacis, point de chemin couvert ; une simple chemise de boue pétrie à l'eau qui a quinze pieds de
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hauteur et tout au plus trois piecls d'épaisseur entoure à-peu-près la ville sauf des brèches assez nombreuses. On ne se douterait guère qu'on entre dans une capitale j et cependant nous passions sons son principal arc de triomphe, le Delhy*Derwazah (la porte de Delby). Une porte massive suspendue sous une arche entre deux mauvais corps *de-> garde à créneaux et à mâchicoulis, roula sur ses gonds pour admettre le cortège. Une bande de brigands, impayables au mélodrame, Sicks et Arabes affiiblés de bail- . Ions de toutes les couleurs et embarrassés d'une quantité prodigieuse d'armes , sabres , poignards , pistolets, etc., étaient rangés en ligne, appuyés sur leurs longs fusils à mèche et battirent auit champs pour nous faire honneur.
Hyderabad, comme la plupart des cités, de& bour* gades et des villages de Tlnde, est bâtie en croix : les deux rues principales qui sont comme les artères de la circulation^ viennent s' intersecter à- peii-près à angles droits sur une grande place (la Tchorae), au ceo* tre de laquelle s'élève le Djumaa-Musdjid ou Charnûnar (la grande mosquée aux quatre minarets). La plate forme de ce temple est le lieu le plus favorable pour jouir du panorama de la capitale. À cette hau- 1»ur on domine les toits en terrasse dont la blancbeur uniforme et les lignes régulières, admirablement diversifiées par les cimes légères d'une mullimde d'arbres qu'on remarque à peine en marchant dans les rues, forment un tableau plein d'élégance et de gai té. D'ici les rues étroites et tortueuses sont toutes masquées , le regard ne pénètre que dans les deux