‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 70 sur 268 · PREMIÈRE PARTIE.— CHAPITRE XII. a · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE.— CHAPITRE XII. a

ment, Houssein quitta Médine pour s'aventurer sur les frontières dlrâk, suivi d'une escorte très peu nombreuse, composée principalement de femmes et (Tenfans , parmi lesquels se trouvait sa sœur Fatime. n parait que le plan n'était pas mûr, ou que Houssein fat trahi par le parti qui l'avait appelé, car il se trouva soudainement enveloppé dans les plaines de Kerbelah par un corps de cinq mille cavaliers arabes.

La suite de Houssein ne se composait que de trentedeux cavaliers et de quarante fantassins. Voyant l'inégalité de la lutte, il fit auprès des siens les plus vives instances pour les engager à l'abandonner et à chercher leur salut dans la fuite ; mais cette petite troupe généreuse refusa jusqu'au dernier et se pressa autour de lui , dévouée au plus noble martyre. Protégés par une tranchée profonde qu'ils avaient creusée et remplie suivant l'usage arabe de bois emflammé, les fatimites firent une résistance désespérée. Les assaillans ne pouvant les vaincre corps à corps s'éloignèrent pour les écraser de loin d'une grêle de flèches sous laquelle tous les compagnons d'Houssein succombèrent successivement. Resté le dernier et couvert de blessures, Houssein, sanglant et épuisé^ alla s'asseoir à l'entrée de sa tente , où il fut massacré entre les bras de sa soeur Fatime.

L'époque de cette mort, selon l'ère musulmane, correspond au 7 juillet , et c'est l'anniversaire de ce jour que toutes les sectes célèbrent par la fête du Mohorrum à laquelle on se prépare par le jeûne le plus austère. Ce jeune est de plusieurs jours , et ses effets sont bientôt sensibles sur les traits amaigris et les fîgu-

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res allongées de la populatiim qui vou& ea\Umnme^ et même des serviteurs dans vos maîsoM. Pendant a durée , de petites échoppes s'élèveDit sur le bord des routes et à chaque coin de rue : c'est ici que le riche distribue de sa propre main aux pauvres et offre aux voyageurs le sorbet , boisson fraîche et non fennentée, qu'il a fait préparer pour étaacher leur soif dans ces jours de pénible abstinence.

Le soir du dernier jour (7 juillet) on renMrqueun mouvement extraordinaire : il s'agit déporter en procession les tazis ou cénotaphes représentant les tooibeaux de Hassan et de Housseia. Tous les fidèles shiabs doivent y assister, et les autres classes de musulmans s'y présentent aussi dans leurs costumes héréditaires et distinctifs. Les plus riches suivent la procession sur leurs chameaux ou leurs éléphans; une musique nombreuse marche en tête, et les cris répétés de Hassan , Houssein , sortent incessamment de toutes les bouches avec l'accent le plus lamentable. Les larmes roulent dans tous les yeux et tous semJblent fioagés dans la douleur la plus profonde* De distance en (Us* tance» sur les places publiques , dans les carrefours, .daus les cours des principales maison», partout ou il y a de l'espace j on a creusé des tranchées circulaires remplies de feu; elles sont comme autant de repo soks où la procession devra s'arrêter : im prêtre se détache de la foula et commence le récit de la moit d'Houssein en faisant l'énumération de toutes sei blessures avec un crescendo d'affliction et de désas^ poir. C'est alternativement un récitatif et un cbant; son action est violente comme ^on aoecAt. JJemê'

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