PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE XII. a
tance répond par des cris et des gémissemens arrachés par chaque nouvelle blessure d'Houssein , cris singuliers qui affectent d'imiter ceux de la lâcheté et de la détresse, ceux qu'arrache la souffrance physique, ainsi que les derniers soupirs du héros expirant. Le prêtre se frappe la poitrine; il est imité par tous les assistans qui répètent en chœur ses paroles, et Ton n'entend plus que le cri incessant deHoussein, Houssein , auquel le bruil; des coups.répond en mesure.
Cependant le bas peuple s'est organisé en diverses bandes qui commencent un véritable exercice gymnastique, frappant furieusement leurs poitrines nues , et sautant lourdement en cadence autour des tranchées remplies de feu ; la lueur des flammes fait ressortir tous les mouvemens de leurs corps bronzés; on dirait des diables se démenant en enfer. I/excitation religieuse s'élève souvent au point que les shiabs voyant dans les sounnies qu'ils rencontrent les assassins dti pieux martyr tombent sur eux avec hircur, et le sang est quelquefois versé. Cette fête est ainsi toujours un moment de crise qui tient éveillée toute Tattention du gouvernement , d'autant plus que c'est aussi un moment de fanatisme religieux et d*hostilité contre- toute espèce d'infidèles , et plus particulièrement contre les chrétiens, moment par conséquent très fetvorable à l'explosion d^nne conspiration contre l'autorité britannique.
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