‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 73 sur 268 · PREMIÈRE PARTIE.— CHAPITRE XIII. à4t · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE.— CHAPITRE XIII. à4t

passer, et ce n*est point un enfant adoptif qui élèvera contre toi une main parricide. Gloire^ fortune etsuccès dans toute entreprise loyale j dans toute guerre légi* Hmeet qui n'aura point pour but d'humilier ma patrie ! Tels sont mes voeux qui te suivront toujours. Rentré dans la vie privée , au sein de ma famille , je n*ai d'autre but en publiant cet ouvrage que de rendre hommage à la vérité , à cette vérité que j'ai voulu connaître y que je suis allé chercher sur les bords lointains où j'étais né. Je voudrais faire lire à mes concitoyens et aux Anglais eux-mêmes, profondément et presque également ignorans dans cette matière, une page de la vie contemporaine d'une des grandes familles de l'espèce humaine. Je désirerais enfin s'il est possible obtenir pour mes compatriotes hindous une administration moins froidement, moins impitoyablement égoïste que celle qui dévore aujourd'hui leur substance pour engraisser les frelons deLeaden-hall-street, pour assouvir Tinsatiable avidité de la métropole et satisfaire aux exigences de quelques autres colonies plus favorisées. La vérité sera ma devise : c'est la première dette que l*homme doit au monde; elle sera, j'espère^ aussi mon excuse si je dois souvent accuser dans son gou* vernement un peuple pour lequel je dois professer et sentir personnellement une profonde reconnais* sance.

Le régiment auquel je me trouvais attaché était alors en garnison à Bellary, chef-lieu des eeded Districis (c'est-à-dire, du territoire cédé à la Compagnie par le Nizam). La saison était favorable pour voyager, ^t il était question d'un prochain mouvement detrou-

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pes j que j'avais hâte de devancer. Je décidai doue que mon départ aurait lieu le plus tôt possible. Mes préparatifs furent bientôt terminés. Avec la générosité qui caractérise les Anglais dans l'Inde, chacun voulut contribuer à équiper le jeune enseigne. Ui^e petite sœur, ménagère intelligente, improvisa mon trousseau ; je me rappelle qu'un vieux major me donna une petite tente avec laquelle il avait fait toutes ses campagnes et sous laquelle je devais faire les miennes ; un autre me fit cadeau de mop premier uniforme ; enfin mon beau-frère me présenta nxx petit poney arabe qui fut mon premier coursier, sur lequel je devais accomplir bien des pèlerinages et qui était destiné à mourir glorieusement au champ d'honneur. Je m'occupai de mon côté à organiser ma suite sur le pied le plus économique possible, comme il convenait à un pauvre officier de fortune. Elle dut cependant se composer ; i"" d'un khetmatgar ou valet de chambre faisant en mémç temps les fonctions de cuisinier ; 2^ d'un assistant de celui-ci (le maity), de caste inférieure, qui devait nettoyer mes bottes, laver les assiettes, etc.; 3** d'un lascar pour piquer ma tente ; 4** d'un saice ou ghore^ala pour porter mon fusil, courir à côté de mon cheval, l'étriller après la course du matin et lui cuire son dîner (car on nourrit les chevaux dans ce pays principalement avec une espèce de lentille qu'il faut faire bouillir à moitié avant delà leur donner); S^d'unherbaire ou ghanswala, pour recueillir le long de la route le fourrage nécessaire à sa. consommation; 6^ d'un couly, pour porter aux deux extrémités d'un bambou suspendu « son épaule deux petarahs, paniers d'osier

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contmiant mes ustensiles de cuisine et mon viq ; 7'' et 8" de deux bailwala (bouviers) conduisant deux paires de bœufs. Trois bœufs portaient ma tente et ses pi-> quets, le quatrième était chargé de mes malles. Enfin un naik (caporal) et trois cipayes devaient escorter mon bagage^ me protéger contre les tigres et les vo* leurs, et lever sur la route les guides nécessaires d'un village à un autre.

Si Ton fait la récapitulation des gens que je viens de nommer , on verra que pour voyager avec la plus grande simplicité possible , la suite d'un Européen^ indépendamment de rescorte, ne saurait se réduire à moins de huit personnes.

Je mis tout ce monde en marche le i*^** septem^* bre i832, avec ordre de piquer ma tente auprès de la petite ville de Schurnshabad, à environ sept lieues de Bolarum et à trois lieues de la capitale, me proposant de les rejoindre le lendemain au soir, et d'aller en attendant coucher et passer la journée avec ma famille chez MM. Palmer, Chaderghât, Nous profitâmes de cette dernière réunion pour explorer tous ensemble les ruines du vieux Hy derabad ou Seroonaggar, à deux lieues de la cité actuelle, et les tombes de la dynastie de Kootubshah plus grandes mais peut-être moins belles que celles de Bider^ semées «i très grand nombre sur la surface d'une vaste plaine au pied de la forteresse de Golconde, petite aire de vautours pil* toresquement élevée sur un massif de rocher. Quant à ce lieu célèbre qui seul a conservé ïancien nom de VempÎDre , nom si fameux dans toutes les fables orienules, il ne nous fut point permis de rexamîn^

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de près. Bien que la forteresse de Golconde ne doive avoir que très peu de prétentions comme place de guerre puisque ce n'est qu'un simple rideau de parapets appuyés sur des rochers et se prêtant à tontes leurs anfracluosités , elle est gardée avec une jalousie telle qu'il n'est jamais permis à un Européen d'y pénélrer sous aucun prétexte; il n'est même pas rare que le coup de fusil de quelque sentinelle accueille le curieux qui s'aventure trop près de ses remparts. C'est la cachette où le Nizam met en sûreté toute sa fortune particulière et les produits de sa liste civile, et où les Anglais sauront quelque jour les retrouver. C'est ici que la tradition populaire fixait l'emplacement des célèbres mines de diamans ; mnis c'est une erreur fondée probablement sur la quantité de ces bijoux qui se trouvent réellement dans le trésor du Nizam ; leur véritable situation est dans la province adjacente, sur la côte du Coromandel , un peu au nord de Mazulipatam.

On sera peut-être curieux de savoir ce que sont devenues ces mines et leur rapport actuel. Ceux qui aiment le merveilleux seront sans doute désappointés d'apprendre qu'elles sont presque abandonnées aujourd'hui, et que leur exploitation livrée à l'entreprise particulière diminue de jour en jour. Les natifs attribuent à l'épuisement des mines de diamans la diminution de leurs produits. Mais cela ne saurait être la véritable cause : « Il n'y a pas de raison pour que le « même nombre d'hommes exploitant aujourd'hui « par les mêmes procédés des lambeaux de la même « couche de gangue diamantifère qu'il y a un siècle

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