‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 74 sur 268 · PREMIERE PARTIE. — CHÀPn RE XIII. a · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. — CHÀPn RE XIII. a

« OU deux, n en extraient pas chaque année la même tf quantité de dianians. La richesse minérale des filons « s'épuise, mais celle des couches dure autant que la a couche a d'étendue ; seulement la même quantité de « diamans ne représente plus la même valeur, parce « que les pierres précieuses vont se dépréciant de « siècle en siècle (i). » Voilà pourquoi la renommée des mines de Golconde est sur son déclin; voilA pourquoi leur exploitation, à peine lucrative aujour- (rbiii, ne tardera pas à devenir ruineuse et imprali* cable.

Les tombes du voisinage de la forteresse sont un rendez-vous favori pour les pique»niques et les parties dechasse durant les fortes chaleurs. Ces énormesdôines, ces voûtes massives présentent un abri impénétrable contre les rayons du soleil et servent d'asile à de nombreuses compagnies de pigeons ramiers dont les chasseurs paresseux ou novices ne manquent pas de faire un grand carnage. Il faut avoir été quelque temps dans rinde pour se faire à l'idée de passer gaiment ses journées et dormir tranquillement les nuits sous la sombre voûte d un mausolée; pour manger de bou appétit sur lui sarcophage de marbre noir, où des ca • ractères arabes admirablement gravés célèbrent le* vertus et les exploits du prince dont les ossemens sont sous vos pieds , tandis qu'au-dessus de vos létes leà chauves-souris décrivent leurs cercles infatigables, et que l'écho de l'immense dôme, renvoyant tous les sons avec une explos on assourdissante, semble gourmander en éclats de tonnerre vos rires inconvenans.

(i)J«cqiieinoDt. ^

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Pourtant on se familiarise avec ces objets , avec toutes ces idées de mort : Quelques-unes de mes plus belles, de mes plus folles journées ont été passées lans ces tombes.

Mais de tous les mausolées des environs y le plus ntéressant pour nous fut celui de Raymond. Sur un )li de terrain légèrement élevé, à égale distance de a cité et de Chaderghât, — près de quelques pans le murailles qui s'écroulent autour d'un espace qui >orte encore le nom de french gardens , et où quelpies arbres fruitiers s'efforcent encore de végéter jarmi les broussailles , on remarque un enclos assez proprement tenu. Une pyramide de maçonnerie re- /étue de l'espèce de stuc appelée chenam s'élève i rente ou quarante pieds au-dessus du sol. Elle est entourée d'un parterre de fleurs soigneusement culivé : ce sont des immortelles. Vis-à-vis du monument 'm aperçoit un petit pilier d'un seul bloc de granit, contenant une niche triangulaire dans laquelle brûle me mauvaise lampe. Le plus souvent un fakir est occupé à balayef l'enceinte, f-a pyramide ne porte .ucune inscription, mais le fakir ou le premier rayot paysan) qui passe vous dira que c'est le monument rtin homme de bien, d'un saint et d'un héros du ^rangistan, celui de moonsa (monsieur) Raymond, lont tout un peuple reconnaissant , sans autre livre |Ue SCS traditions, vénère encore la mémoire après >lus d'un demi-siècle.

Sbumshabod, 2 septembi'e i832. — Je me sé- •faral de ma famille pour monter k huit heures lu soir sur lelépliant du Résident, qui devait me

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transporter à mon premier campement : il faisait déjà nuit comme je longeais les murs de la cité dont les bruits confus arrivaient encore à tnon oreille, mêlés aux aboiemens des chiens pariahs (i)/ répondant aux glapissemens des chakals dans la campagne; les grenouilles coassaient dans les rivières ^ les insectes bourdonnaient , toute la nature brui^sait en choeur; mais il n'y avait rien de triste dans cette symphonie de sons discordans; il y avait trop de vie autour de moi et dans ma poitrine pour que je m'arrêtasse à des pensées moroses, tout était clarté dans mon àme et sur ina tête ; les étoiles versaient des flots de lumière, les mouches luisantes étincelaient dans une atmosphère douce et suave. Tout d'un coup lequi-vive d une sentinelle se fit entendre , puis le hennissement d'un cheval et les sonnettes de quelques bœufs; de petites lumières allaient et venaient comme de légers feux follets sous un groupe de tamarins, tandis quim large feu pétillait en plein air devant l'entrée d'une tente : c'étaient mes gens; une tasse de thé, suivant la coutume anglaise, m'y attendait; je m'installai dans ma demeui*e nomade avec un frémissement de plaisir. Ce fut en vain que je me jetai sur mon lit de camp , j'étais trop heureux pour dormir, trop impatient de commencer cette vie nouvelle dont je franchissais le seuil.

A trois heures du matin le lascar vient abattre les

(f) On appelle chien pariab dans Flnde une race de chiens presque re^ tournée à Télal sauvage, h poil ras,à pean lépreuse» à oreilles très longues cl très droites, vivant surtout d'immondices et errant sans maître autour des bahltàtioBs.

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murs extérieurs de ma tente. Pendant que je fais mes ablutions tout est roulé, empaqueté et chargé en moins d'une demi-heure. Le talari ou guide que mes cipayes-ont recruté la veille à Sbumshabad se tient près de la tête de mon cheval avec une torche allumée; je demeure sur le terrain jusqu'à ce que toute ma petite colonne se soit ébranlée , puis, me mettant en route le dernier, je monte à cheval. Nous allons au pas, ma petite troupe bigarrée est tout-à-fait pittoresque. Ma garde, partie Tavant-veille avec le bagage, en grande tenue, habit écarlate et pantalon bleu, a renoncé à ce dernier vêtement et repris pour la route la ceinture native autour des reins et sur les cuisses. Tout le monde porte le pantalon pendu à l'épaule en manière d'ornement , et quelques-uns les souliers à la main.

Sbumshabad est un joli bourg de deux mille âmes, entouré d'une muraille crénelée en style mauresque , qui ressort gracieusement parmi des bouquets de beaux arbres; je remarquai surtout des babouls, d'élégans mimoses, et quelques figuiers monstrueux. Me dirigeant vers le sud-ouest, j'allai déjeûner à Palmacul, misérable hameau à cinq lieues de distance, et coucher le même soir à Faraknaggur, village dans le même style que Sbumshabad, quatre lieues et demie plus loin. Je fus ennuyé toute la route par des querelles interminables entre le maity et le khetmatgar au sujet de leurs castes respectives. Ce dernier qui prétendait appartenir à une caste des plus raffinées se trouvait excessivement offensé, parce que son assistant qui était pariah s'était permis de toucher, en rangeant me^

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