‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 76 sur 268 · PREMIÈRE PARTIE. —CHAPITRE XIH. a5i · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. —CHAPITRE XIH. a5i

ff nature un air de vétusté sans noblesse , de pauvreté a vulgaii*e qui attriste Tàme sans la charmer (i). » lai éprouvé habituellement cette impression dam presque toutes les parties de l'Inde , sur le territoire de la Compagnie comme dans celui du Nizam.

Avant d'arriver à Juddcherla, j'avais aperçu sur la droite, à quelques pas delà route ^ un campement assez considérable : c'était celui duNuwab Shums-oul- Oumrahy cousin du Nizam , et qui avait eu un mo« ment l'espoir d'être premier ministre. Il était venu dans ces environs pour chasser le tigre , et voyageait avec une dizaine d'éléphans, une centaine de che« vaux, des chameaux et des bœufs de charge en grand iiorabrc. J'avais d'abord pris son camp pour le village; des bazars s'étaient formés à l'entour et chaque boutique étant pauvrement fournie , il y en avait peut-être une centaine. Ces tentes rouges , fort déguenillées de près et fort pauvrement meublées, faisaient néanmoins à distance tm effet magnifique. J'avais passé outre et m'étais déjà installé pour la nuit dans une vieille mosquée en ruines avec l'espoir qu'elle ne croulerait pas encore aujourd'hui sur ma tète , quand je vis arriver un pion du Nuwab avec une invitation fort polie d'aller passer la soirée avec sa seigneurie , et accepter quelques rafraîchissemens qu'il avait fait préparer pour moi. Je connaissais déjà Shums-ouL Oumrah et m'étais trouvé à plusieurs fêtes qu'il avait données à la société européenne tant à la ville qu'à sa maison de campagne, durant mon séjour à Hyderabad. J'ncc«ptai donc avec plaisir, sachant que (t)Jafqncniont.

aSa L'INDE ANGLAISE EN 1843.

je pouvais compter sur un téte-à-téte fort agi^éable. C'est un homme remarquablement instruit pour un natif, surtout en mathématiques y en chimie , en as- 1 tronomie et quelque peu en astrologie. Il est presque le dernier grand chef féodal que Ton rencontrp aujourd'hui à la cour d'Hyderabad et se fait vieux; | il doit être du même âge que Chandoulâl. Shums- i oul-Oumrah a son million à dépenser annuellemeol: on lui permet une armée d'un miJHer d'honïmes, infanterie 9 cavalerie, artillerie tout ensemble. lia ses lignes de cantonnemens situées près de sa maison de campagne et distribuées comme celles des troupes de la Compagnie ^ tire le canon tous les jours au lever et au coucher du soleil , et fait brûler force poudre k ses gens pour les exercer. C'est un métis (hait cast) qui est le généralissime, l'instructeur et quelque peu l'entrepreneur de cette petite armée d'assez bonne mine , payée d'ailleurs entièrement des deniers du Nuwab.

Je trouvai ce dernier à la porte de sa tente où il s'était avancé pour me faire honneur, très simplement vêtu d'une redingote en légère étoffe de laine blanche et d'un turban blanc de mousseline. Il fit apporter (te chaises sur lesquelles nous nous assîmes à reuropéenne , et il me mit immédiatement à l'aise en entamant assez vivement une conversation fort agréable Je lui parlai par ap, la troisième personne des Ita liens, sans rappeler le titre, et il me répondit de 'a même manière. Entre autres sujets ayant rappo»^^ à l'histoire du pays, il vint à parler de sir Henrv Russel et de son administration, et en fit uu é\og^

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