‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 78 sur 268 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPrXRE XÏH. a · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPrXRE XÏH. a

ne secoupent jamais ni les ongles, lû lescheveuxiiiila barbe. Ces monstres hideux , car ils méritent ce non^ au physique et au moral, s'infligent quelquefois les plus intolérables macérations dans la vue d'obtenir les joies éternelles du paradis. Leurs supplices sont tellement cruels , tellement horribles par iois , qu'ils sembleraient au-dessus des forces humaines, si chaque jour ne fournissait la preuve de la patience avec laquelle ils les endurent ( i ). » Quelques-uns se condamnent à tenir leurs membres dans des positions particulières jusqu'à ce qu'ils en perdent l'usage : ils feront vœu j par exemple , de tenir leur bras pendant un certain temps dans une position verticale au-dessus de la tête ; mais le temps assigné à la pénitence arrivé, les muscles se sont retirés ou ossifiés , le membre est perclus et le bras conserve sa position. D'autres gardent la main fermée jusqu'à ce que les ongles, croissant d'une longueur énorme^ Talent traversée. « Il en est qui couchent la nuit sur des lits garnis de pointes de fer assez émoussées ^ulement pour ne pas pénétrer les chairs. Enfin d'autres s'ensevelissent vivans dans un trou souleri^in de la dimension juste de leur corps, ne laissant qu'une petite ouverture par laquelle les passans introduisent la nourriture qui leur est nécessaire. » On <^nçoit qu'il y a toujours des compères en pareil cas^ ^is ce qui est certain , c'est qu'ils restent ainsi des ^nées entières, morts par anticipation dans cette tombe étroite.

« Le petit peuple circule aiUour d'eux, et écoute

(0 Oriental Ànnual , traduction d'Auguste Urbain.

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tf avec étonnement les monotones élans de leurs folies « religieuses. Imposteurs ou maniaques , ils vivent de ce ses charités y mais ne semblent guère lui inspirer « d'autre sentiment que celui de la pitié et du respect c superstitieux que les basses classes en Europe por- « tent souvent aux imbécilles, aux crétins dans les Al- « pes, par exemple ( i ). » Cependant plus leur folie est avérée , plus ce respect augmente : cette sainteté de l'aliénation mentale est une bizarrerie reraarqua- .ble , mais qui se retrouve chez tous les peuples Ignorans ou barbares : elle est portée au plus haut degré dansl'Inde. J'ai vu de pauvres fous, même des vieilles femmes en enfance , attirer sur le théâtre de leurs extravagances une foule empressée qui leur prodiguait des hommages servîtes comme à des êtres au-dessus de l'humanité. C'était le culte de la pythonisse.

Je retrouvai ma tente le soir à Dewarcoudra (quatre lieues trois quarts). Un peu après Paulmoor la route passe sur une chaussée assez longue, de quinze à vingt mètres de hauteur qui, jetée en travers d'une vallée, forme un petit lac artificiel extrêmement pittoresque: les bois descendent de tous côtés jusqu'au bord de l'eau ; on dirait un paysage des Vosges. J'arrivai quelques minutes avant la pluie que j'avais devancée au galop. Mes gens passèrent une nuit de tribulations, leurs préjugés ajoutant encore à leurs misères. Quand ils ont cuit leur riz séparément ils se croient encore obligés de le manger en se cachant les uns des autres. Us quitteront le meilleur abri, le coin d'un bon feu pour une ornière, au plus fort d'un orage, plutôt que

(i) Jccquemont*

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