PREMIÈRE PARTIE.— CHAPITRE HT
c une maîtresse indienne, le moyen de boire une bon* « tei]Ie de vin par jour , une ou deux bouteilles de « bierre, enfin de ne boire d'autre eau que l'eau de c Seltz. Du reste, il va sans dire que, dans un climat « si chaud, il faut un nombreux domestique ; il faut « changer trois ou quatre fois de linge par jour, et « Tentretien et le blanchissage d'une si énorme quanta tité de vétemcns sont dispendieux ».
c Tous les Anglais qui viennent dans l'Inde esc timent qu'ils font par là un énorme sacrifice, et « qu'ils ont droit aux plus fortes indemnités. Dans « aucune autre partie du monde ils n'ont les mêmes ■ prétentions à la richesse , à Topulence. Cette con- « fiante ambition de fortune, chez bien des gens auxc quels leur nullité ne donne vraiment que peu de « droits ou ne laisse que très peu de chances , a « quelque chose d'impertinent. » £lle est cependant peut-être utile, par les efforts qu'elle détermine souvent chez les individus pour s'élever d'une position médiocre à une meilleure. Une pareille disposition ne doit pas être favorable au bonheur des individus , mais elle doit doubler l'énergie d'une nation.
Le déjeuner fini, arrivent les houkabadars; chacun d'eux déploie derrière son maître le petit tapis accoutumé, pose religieusement le houkah dessus, et en présente le tube. A partir de ce moment vous êtes condamné à regretter même la monotone conversation qui a précédé. Trois fois heureux si vous tombez parmi des sportmen , et si cette conversation jetant encore une dernière flamme, se ranime quelques instans avec les chiens et les chevaux; mais cette lueur '
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ce breux; ils galopent régulièrement pendant deux a heures , seuls ou deux à deux. Ce n'est que le matin a que les femmes vont à cheval » (Jacquemonl). La présence de quelques natifs dans cette mêlée ne la rend pas plus pittoresque , car ils ont dépouillé leur nature pour singer les Européens.
Pendant une demi-heure tout au plus, il y a assez de lumière pour reconnaître les figures de vos connaissances. Point de crépuscule comme dans nos jours d'été ; un instant après le coucher du soleil, il y a obscurité profonde. Une fois arrivé sur le Cours, chevaux et voitures se suivent au pas ; on cherche à aller au-devant de Tair, à le froisser à défaut de brise. Le nouveau débarqué est étonné du nombre de dames en grande toilette du soir, même dans les boggeys et voitures ouvertes. Cela tient à l'excessive chaleur, et puis c'est qu'on ne quitte le Cours qu'à huit heures pour le dîner, et il faut y briller; la toilette a donc nécessairement précédé la promenade. Ce qui vous frappe aussi , c'est la pâleur des femmes et leur air de langueur. Voyez-la passer, cette jeune mère anglo-indienne : avec quel air d'ennui et de lassitude elle se renverse dans le coin de sa voiture. Les pieds sui* la banquette dedevant si c'est une calèche, surle splash^ boardj si c'est un boggey, elle est couchée comme sur lui sopha; elle ne se soulève même pas pour regarder la carriole palanquin à quatre roues, traînée par deux énormes bœufs, le tonjon ou le palanquin dans lequel on promène ses en fans ; c'est à peine si elle sourit à son aîné, ce petit garçon que vous voyez là-bas monté sur un poney, escorté par deux ou trois domestiques à