‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 93 sur 268 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE XV

qu'il peut laisser à ses enfans. On voit donc que tout le inonde gagne à ce système, mais surtout le gouvernement , qui n'a pas à porter le chifFi'e des retraites an budget de ses dépenses et qui échange un vieux soldat pour un neuJF sans avoir à compter avec le premier pour ses longs et pénibles services.

En second lieu, on avance à Tancienneté par les décès de ses camarades dans les rangs supérieurs ; mais en présence du système que nous venons d*exposer, il est facile de comprendre que cet avancement devient tellement long qu'il est presque illusoire; car du moment qu^un oiFicier se sentira gravement malade il se dépêchera de vendre afin de laisser le prix de sa commission à sa famille. SMl meurt au service, la valeur de son grade et tout l'argent qu'il a dépensé pour y parvenir son\: perdus pour ses héritiers; s*il laisse une veuve, elle n'aura qu'une pension viagère égale à la demi-solde de son grade, tandisqueses enfans recevront un secours annuel jusqu'à vingt-et-un ans pour les garçons, et jusqu'à l'époque de leur mariage pour les filles ; mais îe capital est perdu, c'est le service qui en hérite ; malheur aux niorts, voilà la devise deParmée, et c'est aussi le côté désavantageux du système. La conséquence assez naturelle est qu'au premier symptôme d'une guerre un peu sérieuse, beaucoup d'officiers mariés songent à leurs familles et abandonnent les drapeaux; ou si la pauvreté les oblige à rester au service, ils ont moins d'élan , leur vie est un capital qui ne leur appartient plus , dont ils ne sont que les dépositaires et qu'ils n'ont pas le droit de risquer. Il y a nécessairement moins d'ardeur et de zèle à en es-

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pérer; s'il me fallait encore une fois généraliser, je concéderais à l'officier français la même supériorité que celle que j'accordais tout-à-l'heure au soldat d'infanterie anglaise. Pourtant il y a de brillantes exceptions : la riche nature anglaise et son patriotisme triomphent souvent des considérations de famille; mais si la cause ne produit pas toujours leffet, elle en contient toujours le germe.

Je dois encore faire remarquer que si un officier meurt de maladie, le grade vacant est à la disposition du ministre qui est libre de le donner au plus ancien officier du rang immédiatement inférieur dans le régiment, ou au choix dans tout autre corps. Ceci ouvre la porte à une infinité d'injustices ; il n'y a que la mort au champ d'honneur qui assure un héritage incontestable aux grades inférieurs dans le même corps : aussi voit-on en \^l\*i des lieutenans de 181 1 et 1812 ayant autant d'années de grade que leurs capitaines en ont d'existence. Il faut avouer cependant que ce n'est pas toujours la faute du système et que souvent ils ne doivent s'en prendre qu'à eux de cette stagnation pour n'avoir pas su profiter des circonstances. Effectivement,surtrenteansdeservice, l'officier de fortune en passera ordinairement vingt-quatre aux colonies, où les appointemens sont tellement beaux qu'avec un peu de prudence il devra économiser de quoi atteindre au moins le grade de capitaine.

Sans nous égarer dans des dissertations inutiles sur les avantages et les désavantages de ce système, passons à la dernière partie de l'organisation militaire, celle qui a rapport à la solde. Dans l'armée anglaise

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celte solde est marquée par une échelle extrémemen mobile, qui varie suivant les colonies et qu'il serai trop long de suivre dans toutes ses variations. Nou nous contenterons seulement de placer en regard le deux tables extrêmes de son développement : celle d( la solde indienne et celle de la solde européenne.

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