PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE XYH
vait encore pu atteindre une connaissance suffisante de la langue hindoustanie pour satisfaire à rexainen demandé. Dans un corps de cinquante officiers, pas un n'avait encore eu assez de curiosité ou d'énergie pour s'affranchir du cicéronage de son domestique, sans lequel il n'eût pu faire un seul pas hors de la caserne ou du champ de manœuvre. C'est une chose incroyable que la difficulté pour l'organisation britannique de conquérir un idiome étranger, et en même temps l'insolente ineptie avec laquelle les mè« mes individus raillent la moindre faute d'expression ou d'accent chez l'étranger qui parle leur langue. Ce n'est pas seulement chez l'officier de l'armée royale qu'il est étonnant de trouver cette incapacité ou cette insouciance pour une langue qu'il doit entendre peut-être viogt ans de sa vie, mais ce qui est plus extraordinaire, c'est de la rencontrer plus grande en<core, s'il est possible, chez l'officier de la Compagnie cm doit passer sa vie entière dans le pays. Je pourrais citer, par exemple, les régimens indigènes qui formaient à cette époque la garnison deBellary. Il y avait sur la totalité de ces trois corps quatre officiers qui pouvaient s'exprimer convenablement et deux seulement qui eussent subi l'examen.
£t pourtant ils n'ont pas d'excuse: la société leur oâre peu de distraction, peu de jeunes gens ont l'occasion d'une visite à faire et dans une multitude de stations intérieures ils sont absolument réduits à euxmêmes. Leur vie se consume dans une assommante monotonie, qui les pousse comme nous l'avons vu, pour dernier passe-temps à la sensualité et au grog.
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3a4 L*INDS ANGLAISE EK 1848.
D'un autre côté, il n*y a pas de service au monde qui doive exciter parmi ces officiers autant de zèle , puisque Tancienneté seule avance au grade ; mais ce n'est jamais le grade, c'est l'emploi, résultat de la capacité, qui est extrêmement payé. Les places les plus honorables et les plus lucratives sont celles de résidens politiques près les cours voisines ou alliées de la Compagnie. On les voit constamment conférées à des officiers du rang de capitaine et même de lieutenant, faute de trouver dans les rangs supérieurs les conditions d'aptitude nécessaires. La première de ces conditions est évidemment la connaissance du persan et deThindoustani;et c'est une chose vraiment étrange que le petit nombre d'Anglais qui la possèdent.
Les causes de cet engourdissement sont faciles à trouver : c'est premièrement l'absence de toute concurrence pour les places d'état-major ou toute autre carrière lucrative avec les officiers de l'armée royale, qui en sont exclus de fondation, et ensuite la multiplicité de ces emplois par rapport au petit nombre d'officiers de la Compagnie; cette multiplicité est telle qu'il faut être dépourvu de toute espèce de protection , ou totalement incapable pour ne pas trouver quelque charge ou quelque sinécure où ensevelir sa médiocrité. Chez l^officier de l'armée royale au contraire, les capacités sont en pure perte : elles ne font que rendre sa vie malheureuse, son activité enchaînée le dévore, le maigre emploi d'interprète du régiment est la dernière li mite que son ambition puisse atteindre. La raison de cette indigne jalousie est, s'il faut entendre les employés de la Compagnie , que les corn-