‹ L'Inde Anglaise et le SwadeshismeChapitre 23 sur 41 · RÉSUMÉ DE LA POLITIQUE DE LORD CURZON · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DE LA POLITIQUE DE LORD CURZON

Au mois de décembre 1898, lord Curzon était nommé gouverneur général de l’Inde. Ce n’était pas un étranger pour beaucoup d’habitants de la péninsule asiatique, qui se rappelaient un voyage effectué quelque dix années auparavant dans l’Inde par lord Curzon, touriste observateur et laborieux.

Cette nomination fut done bien accueillie partout. Lorsqu'il prit possession de sa vice-royauté, on lui fit une réception cordiale et on ne lui ménagea pas les éloges sympathiques. Tout le monde comptait sur la connaissance étendue qu’il avait de ces pays, et on prévoyait, par son passé, un administrateur hbienveillant et capable. Mais quand les ‘babous (1) s’aperçurent de son énergique ténacité et des dispositions intelligentes qu’il prenait dans l'intérêt général du gouvernement dont il avait charge, ils furent aussitôt alarmés et comprirent qu'avec le nouveau vice-roi 1l ne

(1) Babou est le nom porté par les Bengalis de la classe N bourgeoise.

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fallait plus songer ouvertement à un self-goverment et à l’obtention de places ou de sinécures lucratives pour eux. De là, le premier mécontentement de cette classe de babous, si magistralement décrite dans le beaw livre de M. Gustave Le Bon « sur les civilisations de l’Inde ».

Ils reprochèrent à lord Curzon d’avoir modifié la constitution municipale de Calcutta, en réduisant le nombre des membres élus pour les remplacer par des conseillers nommés par l’administration, afin de donner ainsi la majorité à ce dernier élément, Ensuite, ils l’accusèrent d’enrayer l’accès .de l’enseignement. secondaire aux jeunes hindous en voulant élever les rétributions scolaires. Et, pour mieux exprimer leurs vives protestations, ils tinrent à ce sujet une grande réumon publique à l’Hôtel-de-Ville de Calcutta, où ils se plaignirent aussi d’une modification apportée à Ja nomination aux emplois administratifs réservés généralement aux Hindous par voie de concours. Ils accusèrent lord Curzon d’avoir, par esprit rétrograde, décidé que les nominations auraient lieu dorénavant au choix.

Ce qui surtout les froissa dans leur vanité et leur susceptibilité excessives, ce furent quelques paroles, peut-être vraies, qu’osa prononcer le gouverneur général en sa qualité de chancelier de l’Université de Calcutta. Dans un discours « Sur la vérité », il dit à peu près ceci : & Il y a des personnes qui sont fières de ne jamais dire un men-

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