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ETONES qu’au Bengale l’instruction secondaire et supérieure y o@cupe une place prépondérante, en raison de l’attrait irrésistible des emplois du gouvernement, que tout Hindou de Calcutta recherche, avant de se décider à prendre un emploi dans une administration privée ou dans le commerce. | Lors, Curzon avait des raisons de vouloir réagir. Il n’ignorait pas l’impossibilité inéluctable de fournir chaque année des emplois à ces milliers “d'étudiants castés, destinés, par leur oisiveté inévitable, à grossir le nombre des déclassés. Son système me fut pas rejeté, et cette question de l’instruction primaire fut reprise dans les mêmes conditions par son successeur, lord Minto.
Quant au discours de lord Curzon sur la vérité, les Hindous n’eussent pas dû s’y arrêter. Ils n'avaient qu'à se reporter au € Mahabharata » (1),
(1) Le Mahabharala est une grande épopée, véritable encyclopédie de la science de l'époque (mythologie, religion, morale, philosophie, histoire ou légende).Il a dù être écrit vers le IV: siècle avant l'ère chrétienne, et continué peut-être dans ses parties modernesjusqu'au [T*siècleaprès J.-C. Il comprend 18 livres, Cependant, il est antérieur au « Ramayana », qui lui, serait du If° siècle avant notre ère et n'a que 4800 vers. Ces œuvres, avec les «Vedass de 10 à 12 siècles environ avant le nôtre, sont les productions les plus considérables de la lillérature sanscrile. Les « Puranas» ou « Pouranas », romans en vers d'aventures divines, espèce de Bible des innombrables croyants moins instruits, seraient d'origine plus récente, du VIII: siècle de notre ère. C'est un ouvrage interminable, deux fois plus étendu que le Mahabharata.
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cette œuvre littéraire de cent dix mille stances de quatre vers, aussi sacrée pour un Hindou que les Evangiles pour un chrétien ; ils se seraient rendu : compte, s’ils l'avaient oublié, que d’après ce-très ancien livre saint, le mensonge est permis en plusieurs cas : dans le mariage, en amour, én danger de vie, en cas de perte de propriété et au bénéfice d’un brahme.
L'activité du vice-roi ne s’en tint pas à la réforme de l’instruction publique. Il réduisit à plusieurs reprises l’imipôt sur le sel et augmenta la liste d’exemption de «( l’income tax », qui frappait les petits revenus. De plus, il dégreva de 1.320.000 livres sterling l’impôt sur les terres, et mit en usage une méthode de perception plus libérale pour le recouvrement des revenus. Puis, dans le but de favoriser les cultivateurs dans lé Punjab, il fit apporter des restrictions sévères dans l’aliénation äes terres, dont on pouvait les déposséder. ;
D'autre part, il suivit une politique remarquable du côté des frontières ouest et nord-ouest, où : il assura la paix.
Il créa un département du commerce et de l’industrie, veilla an sort des travailleurs et défendit d’employer les femmes et les enfants dans les mines souterraines. Il prit de sages mesures lors de la famine. Mais lorsqu'il voulut faire prévaloir la suprématie du pouvoir civil sur l’autorité militaire, il se heurta à la résistance rigide du
général lord Kitchener et se démit de ses fonctions,
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< | ; Liz ; : 4 ge 14 bien que le secrétaire d'Etat pour l'Inde, sir J ohn pt . \ 4 =
Morley, lui eût donné satisfaction dans le fond. à
Plus tard, sir John Morley, sous lord Minto,
û es “le vice-roi actuel, décida que toutes les affaires 8 militaires passeraient par le secrétaire du Gouver- 4 nement du département de l’armée, avant de par- FAR venir au commandant en chef, membre en charge ‘du département de l’armée. C'était l’avis de lord Curzon, lorsqu'il voulait que l’armée fût à la disposition exclusive du ROUVQE civil, seul responsable. , Ce conflit publie entre les deux pouvoirs porta une wive atteinte au prestige du vice-roi, quoique celui-ci fût sontenu par tout son Conseil. Aussi, la démission de lord Curzon, acceptée hâtivement, rendit-elle plus audacieux les hommes politiques hindous et les encouragea à combattre par une agitation suivie, la mesure administrative prise sous le nom de Partition of Bengal. Ses conséquences, ou plutôt ses effets, provoquèrent le mou- + vement ewadeshiste, qui engendra ensuite le swaraj.
Avant d’en parler, il est indispensable que nous fassions connaître le régime de l'impôt appliqué « aux terres, source du plus gros des revenus de l’Inde, et que nous nous étendions un peu sur les famines périodiques que les adversaires du Gouvernement anglais attribuent à la sévérité du sys-
tème du « Land revenue » (1).
(1) Le land revenue est le nom anglais de l'impôt sur les terres.
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| Rappelons que Pébilatos présente, qui nous pa: rait être toute superficielle, a été causée par les brahmes, c’est-à à- dire par la plus haute’ caste hindoue, et par ceux. qui les soutiennent. La masse populaire reste indifférente.
Lanp revenue et FaAMiINe. — Dans l’Inde sou-
mise à l’administration anglaise, le propriétaire
de toutes les terres est le Gouvernement. Les personnes qui les occupent en sont les tenanciers ; ils payent un impôt qui est, suivant les régions, une taxe fixe ou une taxe variable. Ce m’est pas une -innovation moderne, puisque de temps immémorial les gouvernements indigènes percevaient une dîime évaluée à 50 pour 100 sur le produit du sol.
Dans certaines provinces, il existe le ( permanent settlement », ou taxe fixée pour toujours ; et dans d’autres, l’établissement de la taxe est temporaire ; le Gouvernement peut la modifier à son gré. C’est ainsi que le permanent settlement est appliqué dans la plus grande partie du Bengale, des Provinces unies, de Madras et dans certains territoires isolés ; mais il ne semble pas avoir influé, du moins jusqu’à présent, sur. la prospérité de la région et rien ne prouve que son application soit une garantie contre la famine. C’est pourquoi il ne faudrait pas citer le Bengale comme exemple. Dans cette province, où mieux dans les deux Bengale, il y règne une fertilité exceptionnelle. Ils produisent tout le jute de l’Inde, ils ont
des récoltes, de riz abondantes et jouissent d’une humidité qui les garantit contre la sécheresse. D'autre part, leurs nombreuses usines et la grandé capitale, Calcutta, accroissent leur prospérité.
Le land revenue est donc une sorte de loyer que le Gouvernement fait payer aux tenanciers des terres et qui permet à ceux-ci de les conserver indéfiniment, de les sous-louer ou de les céder, pourvu qu'ils en paient la location. C’est la nationalisation de la terre sous une forme de socialisme d'Etat.
Dans le Bengale, les Zémindars, gros tenanciers, détiennent presque toutes les terres et payent directement le land revenue au Gouvernement. Les sous-locataires, cultivateurs ou autres, n’ont affaire qu’au zémindar, lequel commet parfois des abus et agit en maître féodal. Il en était ainsi dans les autres provinces. Pour mettre fin à cette oppression insupportable, le Gouvernement a promulgeué un règlement destiné au Bensale, aux Provinces unies et aux Provinces centrales, stipulant le prix maximum de location que ne pourraient dépasser les zémindars.
Ailleurs, dans le Punjab, les cultivateurs paient l'impôt directement au gouvernement, par l’intermédiaire des chefs de village et n’ont pas de zémindar ou landlord.
Ce système plus libéral existe dans d’autres provinces dans le sud, ainsi qu’à Bombay, au Burma, où les cultivateurs versent l’impôt à l’Etat sans intermédiaire. Le détenteur de la terre est
Ye AR DS done, en général, celui qui la cultive, sauf pour les zémindars et certains mirasdars (1) dans le Sud. |
Les mirasdars, et surtout les zémindars, se sont ainsi taillé de véritables fiefs, auxquels le gouvernement propriétaire n’osera jamais toucher.
Le land revenue est parfois variable, mais, y compris les impôts accessoires et d’origine nouvelle, il ne dépasse par 17 où 18 pour 100 du revenu net. Sous la domination des souverains mogols et autres princes, cet impôt représentait au moins la mioitié du produit de la terre. Or, à cette époque, il n’y avait ni sécurité, ni voies de communication, ni railways, ni télégraphes, ni police, mi mines, ni instruction, ni tribunaux, ni service médical et hospitalier, ni irrigation, ni éclairage publie, ni eau potable, ete. Mais il y avait, par contre, des empereurs mogols, des rois, des princes et des rajahs, tous en guerre perpétuelle et pressurant la multitude du peuple assujetti.
Jusqu'à ce jour, le gouvernement anglais n’a jamais porté le land revenue au-dessus de 30 pour 100 -du revenu net. Dans le Bengale, cet impôt est inférieur au cinquième du produit brut, et dans le Punjab, il est encore plus faible, il descend jusqu’au huitième du produit brut de la terre. La dernière commission de la famine, présidée par M. Antony Mac-Donnel, appela l’attention du
(1) Le mot mirasdar est synonyme de celui de zémindar dans les pays de langue tamoul.
| ÉD acte | gouvernement sur cette question, et fit ressortir que l’impôt sur la terre, d’après la valeur moyenne de son revenu, était de moins de 4 pour 100 dans les Provinces centrales, de 7 pour 100 dans le Bérar et la plus grande partie du Punjab, et entre 7 à 8 pour 100 dans le Dekhan. Dans le Guzerat seulement, où les terres sont très productives, cet impôt est de 20 pour 100. A Madras et à Bombay, il représente le 6 1/4 du revenu.
Le Congrès national a toujours combattu l’im-
pôt du land revenue, sans vouloir convenir que sa plus grosse part était dépensée pour l’agricul-
ture. «
Le cultivateur, lui, veut bien payer cet impôt, sorte de loyer que, pendant des siècles, les siens payèrent. Il l’admet et accepte même une augmentation dans le taux, mais il est réfractaire à tout impôt accessoire nécessité par-‘la propagation de la civilisation occidentale, dont il n’a que faire, et il ne peut comprendre que cet argent serve à répandre l’instruction et à sauvegarder la santé publique. D’après lui, l'impôt des terres ne doit servir qu'à la terre, et quoique le gouvernement ait adopté le principe d’exonérer d'impôt lés cultivateurs qui apportent des améliorations favorables à l’agriculture, ils préfèreraient, croyons-nous, un règlement définitif présentant des garanties certaines.
Non seulement les Babous certifient que les impôts du jiand revenue sont excessifs, mais ils n’hésitent pas à alléguer qu’il faut les rendre respon-
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less des ne fréquentes. Pourtant, d’ LES Mi. Rees, membre du Parlement, les impôts fusat rent diminués progr essivement pendant tout le siècle dernier et augmentés dans la seconde moitié “de celui-ci. Or, les famines auraient été plus meurtrières dans la première période que dans la seconde, ce qui serait la réfutation tangible de l’assertion précédente. En outre, il ne serait guère plus exact d'affirmer que la famine a sévi avec plus d'intensité dans les pays de l’Inde qui paient le plus d’impôts. La commission de la famine a démontré le contraire. Voici ce que dit sur cet intéressant sujet M. J. Rees, un des auteurs les plus compétents en la matière : « En 1899-1900, les districts les plus cruellement affectés par la famine furent ceux qui avaient été exemptés de l’augmentation de l'impôt, et avant, en 1896-1897, ceux qui souffrirent le plus, n'avaient jamais subi aucun accroissement d'impôt. » On ne peut donc pas dire que là où les impôts sont peu élevés et où le sol est fertile et riche, on est à l’abri de la famine, parce que le Guzerat, un des pays les plus civilisés et florissants (province de Bombay), ne put résister à la famine de 1900, tandis que le cultivateur du Dekhan put la supporter malgré la perte de ses récoltes. :
Cependant, cette disette s'était étendue sur 400.000 milles carrés et avait affecté 25 millions d'habitants de l’Inde anglaise et 75 millions dans les Etats natifs. Cette perte de récolte équivalait à 50 millions de livres sterling. Le gouvernement de
PT. De lord Curzon distribua en secours 10 millions de livies et la mortalité ne dépassa pas le 2 pour 100 de la population atteinte, laquelle périt plutôt par maladie que par la faim.
Il est vrai que des adversaires du gouvernement soutinrent l’inexactitude de ce chiffre, en se basant sur celui de l’accroissement habituel de la population. Ils estimèrent l’augmentation de la population dans les contrées éprouvées par la disette à 241 pour 100 seulement, alors qu’elle était, en temps ordinaire, de 11,2 pour 100, et crurent démontrer ainsi que la mortalité causée par la famine‘avait été considérable.
C'était une erreur d’appréciation. En effet, l’accroissement normal de la population, entre :1881 et 1891, a été de 11,2 pour 100, mais pour toute l’Inde et non pour deux ou trois territoires de l’Inide.
Le gouvernement de l’Inde n’a pas créé les famines et n’en a pas eu le pénible monopole. Les percepteurs d’impôts sont moins exigeants que ceux de l’Europe et, d’après Férishta, Babar, Tavernier, Bernier, Dow, Elphinstone et d’autres explorateurs célèbres, les percepteurs des autres contrées de l'Orient, telles que le Japon, la Corée, la Chine, la Perse, ete., ne sont pas plus risgoureux. Chez tous ces peuples, comme chez ceux de l’Inde, si de lourds impôts étaient acceptés autrefois, c’est qu'ils étaient perçus avec irrégularité. Ils ne provoquaient pas les famines dont aujourd’hui on accuse l’administration anglaise,
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LUE L'O qui S’efforce de les atténuer par des mesures prévoyantes.
En 1596, vers la fin du règne du troisième empereur Mogol, l’intensité de la famine engendra le cannibalisme, fit abandonner les morts sans sépulture et fit éclater la peste.
En 1616, lors de la grande famine, les bêtes fauves enlevaient les cultivateurs et les dévoraient dans les rues des villages. Dans le Kattywar et le Guzerat, il y eut de violentes famines en 1559, 1631, 1647, 1681, 1686, 1718, 1723, 1747, 1751, 1759, 1760, 1774, 1780, 1785, tandis que de 1880 à 1897, les famines se réduisirent à une insuffisance de récolte et n’eurent pas un caractère de gravité. Il y eut aussi de sérieuses famines dans les Provinces centrales en 1771, 1803, 1818, 1819, 1825, 1826, 1832, 1833, 1834, 1868, 1869. À ces moments, le blé se vendait une roupie les trois ou quatre seers (1) et le riz à peu près le même prix. Or, en 1899-1900, dans ces mêmes Provinces centrales, où sévissait le plus la famune, le prix moyen du riz était de 14 à 15 seers par roupie. Dans la grande épopée du Mahabharata, il est question d’une famine qui dura douze ans, pendant laquelle les brahmes furent réduits à manger les chiens. Au XVI° siècle, Pimenta, écrivant sur le Pégou (Birmanie ou Burma actuel), dit que les Pégouans furent réduits par la famine à se dévorer entre eux.
Comme dans toutes les contrées du globe, les
(1) La seer ou serre pèse 931 grammes,
famines sont dues, soit à la sécheresse persistante, soit à l'insuffisance des pluies ou à l’état hygrométrique. Il y a eu des famines terribles en Europe, en Egypte et en Algérie, et il n’est venu à l’idée de personne d’accuser de ce fléau épouvantable le développement des voies de communication et la facilité des transports. Cependant, des esprits réfléchis ;’ont soutenu dans l’Inde. Mais tous les griefs reprochés à lord Curzon n’auraient pas eu ce retentissement bruyant et n’auraient pas provoqué chez les babous cette explosion étourdissante de mécontentement si, peut-être en vue de garantir l’avenir dans l’intérêt de son pays, ou tout simplement pour des motifs d'ordre général, l’ancien vice-roi, lord Curzon, n’avait pas sectionné le Bengale en deux provinces distinctes.