‹ L'Inde Anglaise et le SwadeshismeChapitre 26 sur 41 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI

PARTITION OF *BENGAL

Cette division du Bengale est l’acte administratif proclamé le 16 octobre 1905, modifiant l’étendue du Bengale et la reconstituant en deux provinces distinctes par des additions et suppressions de territoires.

Le Bengale, avant la partition, avait 78.493.410 habitants, avec une superficie de 189.837 milles carrés, et était gouverné par un lieutenant-gouverneur.

Depuis le 16 octobre 1905, le Béngale, toujours administré par son lieutenant-gouverneur, ne comprend plus que 50.722.067 habitants, avec une superficie de 110.054 milles carrés. Mais, d’un autre côté, une nouvelle province, portant le nom d’ « Eastern Bengal and Assam », a été créée par l’addition à son territoire de certains districts du Bengale. Elle se compose de 30.961.459 habitants et une superficie de 101.147 milles carrés ; elle est aussi administrée par un hHeutenant-gouverneur.

En résumé, lord Curzon a modifié sous une forme nouvelle les anciennes limites du Bengale et, de cette province, plus grande que les Etats-Unis

MEN. Re américains, il en a formé deux, dont l’une est plus peuplée que la France et l’autre que l’Itakie.

Avant la partition, le Bengale, situé dans la vallée supérieure du Gange et arrosé du côté est par le Brahmapoutra, comprenait, à l’ouest, le Béhar, les Etats de Chutia-Nagpur, au sud-ouest l’Orissa, au nord-est l’Assam, qui tout en dépendant du Bengale, possédait une administration indépendante du Bengale, au sud-ouest la région de Chittagong. Après sa reconstitution, le Bengale fut divisé en deux provinces : celle du Bengale, avec Calcutta pour capitale, conserva le Béhar, le Chutia:Nagpur, l’Orissa, plus un district détaché des Provinces centrales.

La nouvelle province de l’Eastern Bengal and Assam, avec Dacca pour capitale, fut constituée par l'addition de quinze districts de l’ancien Bengale ajoutés à l’Assam (1).

Cette: simple mesure de sectionnement nécessaire provoqua l’indignation outrée des Hindous Bengalis qui y virent une ‘atteinte outrageante à leur nationalité, pourtant sans existence légale, quoique peut-être en gestation dans leur esprit. Ils s’empressèrent de saisir cette occasion opportune, d’abord pour riposter contre lord Curzon personnellement, et ensuite dans l’espoir chimérique de forcer la main au secrétaire d'Etat pour l’Inde, M. John Morley, membre du parti li-

(1) L’Assam a été formé en 1874 par douze districts séparés du Bengale y compris ceux de Sylhet et de Cachar.

béral, qui venait de succéder à sir John Brodrick. Les babous escomptaient une modification du sectionnement dans le sens favorable à leur cause de nationalité et ne doutaient pas d’obtenir d’importantes concessions, en créant une agitation menaçante et en essayant de la propager dans l’Inde entière, peut-être avec l’arrière-pensée d’un concours matériel des Japonais ou, au besoin, des Russes.

Cette agitation impuissante est sur le déclin en ce moment et ne paraît pas avoir recueilli grande popularité, mi obtenu la moindre satisfaction. Il serait peu juste de laisser dire que le Gouvernement. l’avait provoquée. Nous allons, du reste, relater la genèse de la constitution de l’ancien Bengale, actuellement démembré. Nous avons dû, à cet effet, recourir à des sources absolument officielles, c’est-à-dire les plus fidèles, quoi qu’en pourront penser les adversaires de la Partition.

D'abord, il est indispensable de faire remarquer que l’idée primitive de la modification territomale du Bengale ne fut pas émise pour la première fois par lord Curzon, et qu’elle ne date pas de sa vice-royauté. Il en fût question bien avant qu’on songeât à lord Curzon pour gouverner l’Inde. En effet, en 1896, sir Charles Elliot, lieutenant-gouverneur du Bengale, souleva la question de la partition et suggéra de détacher une partie de j’Est-Bengale pour l’unir à l’Assam. Mais, sur l’avis opposé des membres de la Haute-Cour, qui

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