‹ L'Inde Anglaise et le SwadeshismeChapitre 33 sur 41 · VE, 2} FIAT · texte numérisé non relu

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ARE ET Card HR ERE

PHindi : Jashpur, Sarguja, Udaipur, Koréa et Changbhakar (de l’ancien Bengale), BARRE ajou-

tés aux Provinces centrales.

La juridiction actuelle de la Haute-Cour de Cal. cutta sera maintenue pour les deux Bengale, à

moins que les progrès de la nouvelle province

n’exigent la création d’une Haute-Cour dans cette dernière.

Tel fut le projet qui fut soumis à l’approbation du secrétaire d'Etat de J’Inde à Londres, ét que le vice-roi eût pu appliquer tout de suite, en vertu des statuts qui confèrent au gouverneur général en conseil le pouvoir- de changer les limites des provinces, à condition de ne pas modifier les lois en vigueur. Ce projet fut accompagné d’un volumineux dossier contenant les opinions, les protestations, les requêtes et les correspondances de toutes sortes, favorables ou défavorables à la division administrative du Bengale. En évaluant

le dossier à plus de 50 volumes in-octavo, nous

ne croyons pas être au-dessus de la vérité. Par conséquent, avant de se prononcer sur cette question importante, le secrétaire d'Etat de l’Inde à Londres eut tout le loisir d’en faire un examen approfondi, et il serait donc peu juste, en présence de l’agitation exagérée qu’elle souleva, d’attribuer exelusivement la partition du Bengale à lord Curzon, et d’y yoir un procédé autoritaire destiné à humilier les babous de Calcutta.

Nous me pouvons mieux faire que de reprodui-

re ci-dessous la traduction d’un extrait de la let-

tre adressée par le secrétaire d'Etat de l’Inde à Londres, le 9 jnin 1905, au gouverneur général de l’Inde en conseil : |

(Extrait). Reconstitution des provinces du Bengale et de l’Assam. — « Lies propositions contenues dans la lettre du Gouvernement de Votre Excellence, en date du ? février 1905, relative à la reconstitution des provinces du Bengale et de l’Assam ont été examinées par moi, en Conseil, avèc le soin et l’attention que demandaient également leur grande importance admimistrative et l’expression des sentiments populaires nombreux, excités par la discussion politique de cette question.

» Votre Excellence est arrivée en conseil à cette solution, qu’en raison du chiffre extraordinaire de la population et de l’immense étendue du ter- ritoire administré par le lieutenant-gouverneur du Bengale, les affaires augmentent et ne peuvent pas être solutionnées à temps, surtout en raison de Calcutta, seconde cité de l’Empire pour sa population, Il est absolument nécessaire d’alléser les charges qui pèsent sur ce gouvernement, en réduisant ses responsabilités énormes.

» Vous faites, dans votre lettre, l’historique préliminaire de la question, vieille de quarante ans, qui fut mise en avant pour la première fois, lors des événements produits par la famine d’0Orissa, en 1866. Vous démontrez l’accumulation incessante des affaires du secrétariat du Bengale, due à l’accroissement formidable des correspon-

dances. Vous énumérez l’importance des questions administratives qui retiennent l’attention du lieutenant-gouverneur, et vous œitez des noms qui font autorité pour montrer que le. poids des affaires est au-dessus des forces de l’administrateur le plus laborieux ; d’où une initiative laissée aux secrétaires, puisque le chef du Gouvernement ne peut s’en occuper.

» Je ne puis douter que l’allègement, tel qu’il a été présenté par Votre Excellence en conseil, ne soit tout à fait établi. En effet, l’accroissement de la population, les réclamations en vue du progrès à étendrè partout, augmentent chaque jour le fardeau du chef de l’administration, qui finira par ne plus pouvoir résister, s’il me lui est pas donné une aide sous une forme quelconque. Et s’il était argué que l’urgence actuelle n’est pas entièrement démontrée, on pourrait répondre très justement que, dans ce cas, 1l est du devoir du gouvernement de l’Inde d’anticiper et d'empêcher par des mesures préventives une détérioration inévitable.

» Vous m’exposez vos vues sur la proposition en question, qui renouvelle celle de 1867-1868, mise en avant par plusieurs autorités supérieures... Je suis entièrement de votre avis, et je pense qu’un gouvernement personnel puissant est, dans une contrée asiatique, la forme administrative la meilleure, On ne gagnerait rien en divisant l’autorité et la responsabilité... Vous m’indiquez un remède à apporter, c’est-à-dire la réduction de la superficie territoriale, qui comporterait celle de la popu-

lation placée sous l’administration du Bengale, par la création d’une nouvelle province, formée des parties Est et Nord du Bengale, ajoutées à nee sam, et dont la capitale serait Dacea. |

» On réduirait ainsi à 141.580 milles carrés, et à 54 millions d'habitants, le Bengale actuel, y compris la Présidence, les divisions du Burdwan (du Bengale), de Béhar, Bhagalpur, Chutiya, Nagpur et Orissa, qui est de 189.837 milles carrés et comprend 78 millions d'habitants.

» La province nouvelle comprendrait la province actuelle de l’Assam, Chittagong, Dacca et Rajshahi, des divisions du Bengale, ainsi que le district de Malda, qui y fut ajouté (excepté Darjeeling). Elle aurait une population de 31 millions d'habitants, dont 18 de musulmans et 12 d’hindous... Etant, par conséquent, d’avis que cette mesure d’allègement est absolument nécessaire et qu'il n’y a pas d’autre alternative possible, je donne mon approbation en conseil aux principes généraux qu sont enfermés dans vos propositions, soit la constitution de l’Assam et des parties est et nord du Bengale en une province dirigée par un lieutenant-gouverneur.… ete.

» Avant de prendre des mesures pour mettre ce projet à exécution, je désirerais que vous me donniez une autre expression de vos vues sur certains points. D’abord, en ce qui concerne le nom de la nouvelle province. J’ai des raisons de penser que les intérêts commerciaux de l’Assam, liés à son industrie du thé, ne souffrent, si le nom de

l’Assam était supprimé, Je serais disposé à prendre « Eastern Bengal and Assam » pour le nom du nouveau gouvernement. J’estime, ainsi que je l’ai déjà dit plus haut, qu’un Board of revenue composé de deux membres sera nécessaire. Il ne faut pas oublier que la nouvelle autorité des revenus aura à contrôler des territoires possédant deux systèmes de revenus différents. Il est, par conséquent, désirable que ce bureau ait des membres au courant des deux genres de revenüs… Je voudrais savoir ce que coûtera l’entretien des nouveaux bâtiments dans la nouvelle capitale provinciale : Dacca.…. »

Enfin, le 3 août 1905, le gouvernement de l’Inde répondait par lettre au télégramme du 25 juillet de sir John Brodrick, secrétaire d'Etat de l’Inde à Londres, approuvant le projet des proclamations de la partition du Bengale, et demandant une réponse par lettre pour soumettre ce projet à la sanction royale.

Le vice-roi fournissait quelques renseignements complémentaires dans cette lettre, acceptait le nom Eastern Bengal and Assam pour la nouvelle province et fixait à 15 le nombre des membres de son conseil législatif. Il insistait, en outre, sur la date de la promulgation de sa proclamation, laquelle date, à son avis, était d’une extrême importance et ne devait pas être retardée, en raison de l’agitation que pourraient soulever les adversaires de cette mesure légale. Il proposait la date du 16 octobre 1905,

L’approbation royale et celle du secrétaire d'Etat de‘l’Inde furènt données, et le 16 octobre, le vice-roi faisait publier ses proclamations et le Bill définitif ayant force de loi.

La nouvelle province Eastern Bengal and Assam était constituée

1° Par les anciens territoires de l’Assam (districts de Goalpara, Kamrup, Darrang, Nowgong, ‘Sibsagar, Lakhimpur, Sylhet, Cachar, Garo Hills, Khasia and Jaintia Hills, Naga Hills, et Lushaiï Hills.

2° Par les territoires suivants, détachés du Bengale : districts de Dacca, Mymensingh, Faridpur, Backergunge, Tipperah, Noakhali, Chittagong, Chittagong Hill tracts, Rajshahi, Dinajpur, Jalpaiguri, Rangpur, Bogra, Pabna et Malda.

D'autre part, on ajoutait au Bengale un district détaché des Provinces du centre, celui de Sambalpur (excepté l’Etat de Chandarpur, Padampur et la Zamindari, qui sont d'immenses terrains de culture loués par le souvernement à un tenancier de Phuljhar).

Le Bengale reconstitué conservait une population de 50.722.067 habitants avec un territoire de 115.819 milles carrés et l’Eastern Bengal and Assam augmenté possédait ainsi 30.961.459 habitants avec un territoire de 106.130 milles carrés. Chaque province était administrée par un heutenant-gouverneur, assisté d’un conseil législatif.

Cette réforme purement admimstrative s’imposait. Il était, en effet, impossible à un seul lieute-

nant-gouverneur d’administrer 78 millions d’habitants. On peut s’en rendre compte par le chiffre disproportionné de la correspondance officielle expédiée et reçue au Bengale seulement, avant sa reconstitution. En 1867, il était de 62.878 lettres ; en 1882, 98.706 ; en 1892, 116.634, et en 1902, 153.012 lettres.

Du reste, pour terminer ce long exposé, nous donnons ci-après un tableau comparatif (avant la reconstitution du Bengale), du mouvement des affaires publiques des quatre plus grandes provinces de l’Inde en 1903

Bengale Madras Bombay Provinces

unies

Nombre de fonctionnaires ou

employés civils. 1: Ter CD 5.860 1.987 3.718 3:122 Total des dépenses (en lakhs de

POUPICE MON TUE. Le nues Das 381 o1o 415 Nombre des affaires civiles in-

tentées suture AE . 658.790 347.583 191.823. 545.985 Nombre des affaires ARR

nelles/intentées. 4: .. . 211.674 120.546, 6.582 2125080 Personnel dela polices .: : , . 27.687 22.692% 24.263 25.073 Nombre des écoles L'ae et

collèges. . , . JON SL-ANE "TO TUT0R 9.549 7.758 Noubre d'hôpitaux AE. et dis-

pensaires . . , Re 267 479 238 304 Nombre des municipalités RENE 158 61 167 10% Nombre du personnel des Tri-

bunaux . VIEN ASTM NIET BOT 8.139 12.171

Comme on le voit par ces chiffres des plus éloquents, la reconstitution du Bengale était justifiée et nécessaire ; elle n’eût pas dû provoquer le mouvement swadeshiste qui va faire l’objet de notre troisième et dernière partie.

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