Voir note A, page
(le l'Egypte, reçoit par an 0 m. 08 d'eau; le Béloutchistan, 0 m. 087; le Radjpoutana occidental *, 0 m. 114. Dans une même région, il se rencontre d'énormes variations.
Comme la pluie, la température dans l'Inde est fort inégale. Cela tient à l'immensité du pays : tous les climats s'y rencontrent. Au même moment, on enregistre des températures qui diffèrent comme, en Europe l'hiver, celle de Nice et celle de Saint-Pétersbourg. Toutefois, on peut dire qu'il y a dans llnde deux régions thermiques : celle 011, de manière constante, la température demeure élevée presque toute l'année, sans rémission marquée ni prolongée durant l'hiver : c'est la région de l'Inde centrale et méridionale ; et celle où l'hiver et l'été présentent d'énormes différences, du froid vif à la chaleur extrême : c'est celle du Pendjab, du Sind, du nord et du nord-ouest.
Cette dissemblance des deux régions s'explique aisément. Celle du nord, à mesure qu'on s'éloigne de l'équateur, ne connaît plus cette égalité des jours et des nuits qui, d'un bout de l'année à l'autre, assure l'équilibre de température; le soleil, pendant les vingtquatre heures, reste au-dessus de l'horizon un temps qui varie avec les saisons, et verse à la terre plus ou moins de chaleur. Le continent indien va, du sud au nord, en s'élargissant et devient moins accessible à l'action de cette ceinture marine, qui tend à égaliser la température. Enfin l'état variable de l'atmosphère accroît ou réduit la radiation, par laquelle la terre rend à l'espace la chaleur qu'elle en a reçue.
Dans ces provinces, qui connaissent deux saisons, l'été est plus redoutable à l'Européen et l'hiver à l'indigène. L'indigène, le froid venu, grelotte sous ses haillons de coton. L'Européen, quand l'été sévit, fuit, s'il le peut, la plaine ; mais ce n'est le lot que des happy few. Kipling a peint la vie mortelle de ceux que leurs fonctions y retiennent loin des montagnes, de leur fraîcheur et de leurs plaisirs.
Somme toute, l'Inde est, sauf exception, un climat dur et qui éprouve. Le soleil et l'eau y combinent leur action pour développer une humidité et une tension éi?alement énervantes et amollissantes. Et l'Européen n'est pas seul à en souffrir. Sur de larges espaces, au centre du pays, la fièvre règne en maîtresse sur les indigènes, sans qu'on puisse en rendre exclusivement responsables ni les marais qui l'engendrent ni les moustiques qui la véhiculent. En 1902, la mortalité moyenne de l'Inde Britannique^ s'élevait à 31.67 pour mille
t. Voir noto B, p. 11.