Cf. pour rinde entière, Démographie, p
habitants, dont 19,17 dus aux jQèvres. En Birmanie, la troisième expédition, qui annexa la Province Haute, perdit (en une année, du 17 novembre 1885 au 31 octobre 1886) 22 officiers (11 morts et
11 blessés) du fait de la guerre et 76 du fait de la maladie; même proportion pour les soldats : 80 morts et 919 blessés, 1 936 malades. Dans certaines parties de l'Inde, notamment au cœur de la péninsule, d'innombrables insectes volants, rampants, lumineux, odorants, puants encombrent et épaississent l'air, gêne des soirs et tourment des nuits.
Ce sont là des conditions qui exercent une indiscutable influence sur certains aspects de la politique et de l'administration aux Indes. Les Anglais y ont fait et dû faire de l'hygiène — et de ce qui s'y rattache — une étude attentive et minutieuse.
La colonisation proprement dite, c'est-à-dire l'établissement de nombreux Européens fixés à demeure par des intérêts permanents, ils ne l'ont pas considérée comme possible, et, pour cette raison (et pour d'autres, d'ordre économique et politique, fort curieuses, sur lesquelles nous reviendrons), ont cru devoir longtemps la décourager.
Maintenant nous pouvons comprendre pourquoi l'administration a pris l'allure et le caractère d'une administration nomade : durant l'hiver, les fonctionnaires ont reçu l'ordre d'être sans cesse en mouvement, ce qui présente de multiples aA'antages au point de vue professionnel et phj'-sique; et, quand vient l'été, tout un groupe d'administrateurs, jamais assez nombreux au gré de ceux qu'il omet, émigré, des plaines désolées de chaque province, vers' les fraîches altitudes, bienfaisantes à la fois au corps et à l'esprit. Tout y gagne : la santé — économie d'hommes — , le travail — économie de temps.
NOTES
Note A (de la page 8) : La chaleur dans le Nord-Ouest de l'Inde.
Dans le Sind, dans le Pendjab, le Radjpoutana, le sol est surtout du sable. Ce sable emmagasine la chaleur solaire. Dans le Ilaut-Sind, qui est loin de la mer, le thermomètre s'élève et demeure à des hauteurs formidables. Toutes les installations, toutes les hal)itudes attestent la préoccupation de se soustraire à la chaleur. Dans la maison, aux murs de terre, dont l'épaisseur (cinq à six pieds) rappelle les constructions de jadis, de six heures du matin à huit heures du soir, tout demeure clos. A cette condition, on maintient la température entre 100 et 105° Fahrenheit (37,7 à 40,3 degrés centigrades); sans quoi elle s'élèverait à 115-120" (4G à 49 degrés centigrades). Partout le pankah (forme bien connue d'éventail, mû, à bras d'homme, par des cordes roulant sur des poulies) : pankah pour dîner en plein air; pankah pour rafraîchir les joueurs de tennis; pankah pour écrire; pan/i-a/i pour dormir la nuit sur la terrasse, sous cette sorte d'auvent, élevé dans le dessein d'arrêter au passage le moindre souffle d'air et de s'assurer une chance de fraîcheur. Contre les moustiiiucs, redoutables en cette saison, il n'est pas question de s'abriter sous le voile des moustiquaires, ce serait une étuve. On se livre à eux, les
jambes et les pieds protégés par les chaussures et les bas, et le torse, resté découvert, oint de pétrole, dont l'odeur les éloigne. Autour de soi, on a groupé, la nuit, des jarres de terre poreuse, qu'un boy fréquemment arose et agite, pour déterminer une évaporation rafraîchissante. Et c'est ce même pays où, durant l'hiver, il faut, sous peine de geler, recourir aux vêtements de drap, parfois de double épaisseur.
Note B (de la page 9) : Le Radjpoutana.
Le Radjpoutana est le pays le plus digne d'études de l'Inde entière.
.'Vu point de vue physique, plaines et monticules sont faits d'un sable fin et doux, si profond qu'en certaines places la couche explorée mesure 150 pieds, sans qu'on ait atteint le roc. Sir Swinton Jacob, depuis trente ans véritable directeur des travaux publics de Jeypour, capitale d'un des Etats du Radjpoutana, estime que le Sind, une partie du Pendjab et le Radjpoutana sont l'ancien lit d'une mer qui s'étendait du golfe Persique au pied de l'Himalaya.
Au point de vue ethnique et historique, les Radjpoutes ont un passé dont l'intérêt égale la gloire. Sir Alfred Lyall leur a, dans ses admirables Asiafic siudies, consacré une étude pénétrante et puissante, qui ouvre à l'étudiant plus d'un secret de l'histoire de l'Inde, même contemporaine.