CONDITION ÉCONOMIQUE
La terre; le morcellement; zamindars et ryots; le champ du ryot; chances de gain et d'économie. — Le commerce; son domaine; aux mains de qui? part des Indiens; grand et petit commerce; les foires et marchés; le ba:ar-day. — Travailleurs et oisifs; location et sous-location du sol; les jours ouvrables; les fêtes chômées; la main-d'œuvre; propriétaires et tenanciers. — L'imprévoyance; les caisses d'épargne; les causes de dépenses; les fêtes rituelles; mesures prises en vue de limiter les dépenses excessives; l'usurier, son rôle et sa situation. .ii.
Les administrations indiennes n'en sont pas encore à nous fournir de ces statistiques qui, même à les supposer erronées, permettent de se faire, de la condition d'un pays, une opinion à peu près fondée. Le morcellement de la propriété, le capital appliqué à l'agriculture, le revenu individuel et national, etc., les diverses administrations ont là-dessus des informations peut-être aussi sûres que celles de leurs rivales d'Europe, mais elles ne les publient que par occasion et de manière fragmentaire. En sorte qu'une étude d'ensemble est, je n'ose dire impossible, mais hérissée d'obstacles.
On sait cependant que la terre est très morcelée. Elle appartient — j'en traiterai plus loin^ — suivant les provinces, soit à des propriétaires, ordinairement grands, parfois moyens ou petits {landlords, zamindars), qui la louent à des métayers (tencmts), soit à des ryots (paysans agriculteurs), qui exploitent ordinairement eux-mêmes, mais souvent ne répugnent pas à louer leur lopin de terre à de plus pauvres qu'eux. En fait, il y a des millions d'hommes qui, par toute l'Inde, occupent chacun un peu de terre. Le lot individuel est de quelques acres (1 acre vaut 40 ares et demi). Le champ modique, partagé en carrés, plus ou moins réguliers, qu'entoure une levée de terre; une maison, plus souvent une case; une paire de bœufs et un puits, dont l'eau, puisée par l'attelage, se répand sur le champ par
1. Ce n'est ici, dans le tableau d'ensemble delà Société indigène, qu'une simple esquisse de la condition économique et sociale des indigènes. Elle ne remplace pas l'étude, que nous ferons plus loin, des Réformes sociales que poursuit tout un parti, et aussi, dans un second volume, consacré à l'Administration et aux Finances, de cette autre question : l'Inde est-elle riche? Peut-elle supporter les impôts qu'elle paie?