LIVRE II
LA POLITIQUE INDIGENE
La politique indigène est un aspect, j'oserais dire presque nouveau, de la politique coloniale. Elle est chose moderne et surtout contemporaine. L'Ancien Régime français n'avait pas à la connaître et, sauf sur quelques points : dans l'Inde avec Dupleix et au Canada avec Montcalm, ne l'a pas connue. Le xix* siècle en a fait quelques essais timides et intermittents en Algérie et en Cochinchine, et ne l'a appliquée avec suite qu'en Tunisie. Elle est l'instrument de l'avenir.
Elle se propose un double but; le premier (très intéressant, mais moins important et moins difficile), amener la population indigène à fournir volontiers une main-d'œuA're abondante et, s'il est possible, peu coûteuse aux entreprises européennes d'agriculture et d'industrie, objet évidemment ignoré des époques qui pratiquaient l'esclavage; le second — qui est aujourd'hui toute la politique indigène — préparer cette population à se résigner cà la domination et au gouvernement de l'étranger. Cette dernière préoccupation ne pouvait troubler l'esprit de conquérants qui pratiquaient intrépidement la politique de conversion et d'assimilation, persuadés qu'ils apportaient aux indigènes un bien indiscutable en leur communiquant, mieux que cela, en leur imposant leur religion, leurs lois, leur justice, leur administration.
Les Anglais, dans l'Inde, n'ont guère considéré que le second aspect de la politique indigène. Ils n'ont, à l'ordinaire, pas vu se dresser devant eux la question aiguë de la main-d'œuvre. Leurs entreprises agricoles y sont jusqu'ici, sauf en deux ou trois points, demeurées rudimentaires, et leur industrie, leur irrigation, leurs chemins de fer recrutent sans trop d'embarras autant de travailleurs qu'il leur en faut. L'Inde n'est [)as et n'a jamais été une colonie. L'Angleterre n'a pas tenté d'y amener et d'y fixer une population
européenne, ce qui, dans les premiers temps de la conquête (xvn'' siècle), n'eût pas semblé paradoxal, puisque Richelieu et Louis XIV ont, sous des latitudes comparables, poursuivi et partiellement réalisé l'implantation d'une population blanche : les créoles de nos anciennes colonies. Elle n'a pas même, plus récemment, songé, comme les Hollandais à Java et nous, Français, à l'heure présente, en Indo-Chine et à Madagascar, à introduire des colons en nombre limité, dispersés çà et là, dans le pays, et qui, possesseurs de capitaux, fondateurs et directeurs d'entreprises, ont besoin de la coopération des travailleurs indigènes.
Soit en vue de mieux protéger son monopole commercial, soit en prévision des difficultés que ne manquerait pas de lui susciter la présence parmi les indigènes de colons impatients et, à l'ordinaire, peu scrupuleux sur les moyens de s'enrichir, la Compagnie à charte des Indes, dont l'existence ne prit fin qu'en 1858, eut toujours soin d'écarter les Anglais qui auraient désiré se fixer aux Indes. C'est cette prudence qui dicta notamment la loi de 1813, laquelle enjoint au Gouverneur général de protéger les indigènes dans leurs personnes, leurs biens, leurs religions, leurs opinions et lui donne le droit d'expulser de l'Inde quiconque les menace*. De pareilles mesures étaient bien calculées pour éloigner ceux d'entre les Européens qui eussent eu la pensée de s'établir aux Indes. Et, de fait, sauf quelques aventuriers, on n'y trouvait guère d'anglais que les fonctionnaires, les soldats et les marchands de la Compagnie. C'est seulement en 1833, quand, pour l'avant-dernière fois, on prorogea le privilège de la Compagnie, que le parti libéral fit introduire dans la charte une disposition qui ouvrait une partie des territoires de l'Inde anglaise aux sujets de Sa Majesté avec le droit de s'y fixer, d'y faire du commerce et d'y acquérir des terres, et encore sous certaines restrictions et précautions, qui attestent une grande méfiance des colons, marchands ou aijriculteurs et des inconvénients qu'ils traînent derrière eux-.
1. En 181.3, lorsque vint le moment de renouveler la charte de la Compagnie, l'opinion, une portion de l'opinion inclinait à ce qu'elle renonçât à son monopole commercial avec l'Inde. La classe commerçante était, on le conçoit, favorable à cette transaction. La Compagnie résista. Elle produisit (1810-1812) des hommes comme le vieux Warren Hastings, le colonel Malcolm, lord Teigumouth, le colonel sir Thomas Munro, etc., qui soutinrent ces deux idées : sur le terrain commercial, il sera plus avantageux que le monopole soit réservé à la seule Compagnie; sur le terrain politique, il serait dangereux d'ouvrir l'Inde à des particuliers. Les nouveaux venus s'adonneront d'abord au commerce, puis à la colonisation (culture). Cela conduira à l'oppression des indigènes et plus tard à la perte de l'Inde. Malgré les elTorts de ces hommes éminents, représentants des idées du passé, le monopolo commercial de la Compagnie fut aboli. Mais on prit des mesures pour restreindre l'immigration européenne dans l'Inde.
2. Peu après cette charte de 1833, Macaulay écrivait, ù propos des nouveaux venus, lors
Malgré cette liberté nouvelle, l'émigration anglaise est encore aujourd'hui peu considérable. Fonctionnaires et soldats compris (85 000 environ), on ne compte pas aux Indes, en face de 294 millions d'indigènes, plus de 170 000 Anglais de tout âge et de tout sexe. Il y a, en Indo-Chine, 10 000 Français contre 20 millions d'indigènes, et à Java 70 000 Hollandais contre 35 millions. Ce ne sont pas ces 170 000 Anglais qui peuvent créer à l'administration de sérieux ennuis.
Encore faut-il faire remarquer que les Anglais qui ne sont ni fonctionnaires ni soldats sont surtout des commerçants, fixés dans les grandes Ailles. Il existe aussi des plaiiteiirs établis dans deux ou trois régions : les Nilghiri, où ils font du thé et du café, les flancs de l'Himalaya, principalement en Assam, où ils font du thé. Il n'y a pas d'agriculteurs à proprement parler, comme on en trouve au Tonkin, en Annam et surtout à Java, installés dans les plaines à proximité des villages, leur disputant la terre et leur réclamant la main-d'œuvre. Ce voisinage délicat, ce mélange parfois irritant des Européens et des indigènes, qui prête aux abus et suscite des difficultés intérieures, l'Inde anglaise ne les connaît pas. C'est tout un côté de la politique indigène qu'elle ignore. Elle n'a eu à se préoccuper que de l'autre. La tâche demeurait encore formidable. Il s'agissait d'un non moindre problème que celui-ci : donner satisfaction h 300 millions d'habitants. De ce point de vue, l'administration anglaise des Indes est — en dépit des troubles de l'heure présente — un des plus beaux triomphes de la politique indigène.
L'insistance avec laquelle nous ramenons ces mots « politique indigène » peut étonner et agacer. Qu'entendons-nous donc par là de si curieux et de si neuf? Gouverner des indigènes ou des Européens, est-ce donc si différent? Aux uns et aux autres, il faut de la sécurité, de la justice et des instruments d'enrichissement. Les leur procurer, qu'ils soient Européens ou Asiatiques, c'est du gouvernement, c'est de l'administration. Pourquoi ennoblir cela du
de son fameux projet fie loi sur la justice (Voir plus loin, livre II, ciiap. m, Jusiav, §8) : <■ Ils nous demand'3nt de les reconnaître comme un ordre priviléj^ié d'honinuîs libres au milieu d'esclaves. C'est pour empêcher une chose si fâcheuse; ((ue le Parlement, en mftme temps qu'il souffrait que les Anglais sefi.xassent aux Indes, nous armait {ad de 183;{)dR les larges pouvoirs, (ju'à mon sens nous ne méritons pas d'avoir, si nous n'avons pas le courage de nous en servir aujourd'hui. » Il ajoutait encore : • La rt-elle question qui 'C pose devant nous est si... nous ahdi([uerons toutes ces hautes fondions que le Parlenaent nous a confiées dans le but do contenir le planteur européen et de, proté'jer la popuation indigène ».
titre de politique indigène? Pourquoi tant insister sur deux problèmes d'apparence identique?
C'est que l'identité n'est qu'apparente. Au fond, il y a bien deux problèmes à résoudre. Sans doute, il semblerait qu'à gouverner et à administrer des indigènes, tout acte de gouverner et d'administrer pût être qualifié politique indigène. Construire un chemin de fer, c'est de la politique indigène, et c'en est aussi que creuser un canal, au même titre que voter un code et instituer un tribunal. Et toutefois, il importe de distinguer l'administration proprement dite de la politique indigène. La politique indigène s'efforce de persuader aux populations qu'elle s'occupe d'elles d'abord; l'administration est obligée de compter à la fois avec elles, mais aussi avec les colons. L'administration a souci plutôt des intérêts matériels; la politique, plutôt des intérêts moraux. Or, il peut bien arriver que les intérêts matériels des indigènes se confondent parfois avec ceux des colons et que les mêmes mesures leur profitent à tous. Les intérêts moraux, jamais. Pour leur donner satisfaction, ce sont des mesures distinctes et spéciales qu'il faut prendre; à cause de quoi, les indigènes sont tout de suite avertis que le conquérant n'a, en les prenant, songé qu'à eux. Les enrichir (parfois en même temps que les colons), c'est de l'administration et c'est bon, encore qu'ils puissent en attribuer le mérite à leurs seuls efforts. Respecter leurs intérêts moraux, c'est de la politique indigène, et c'est mieux : c'est peu à peu les amener à sentir les bienfaits de la domination étrangère et peut-être à l'accepter, au lieu de la subir.
C'est mieux et — ce qui explique bien des résistances — c'est plus difficile. Car cela implique d'abord le désir et la faculté d'étudier les indigènes, de les comprendre, de pénétrer leurs institutions et leurs sentiments', leurs mobiles et leurs ambitions; ensuite la volonté et la force de s'abstraire du préjugé européen; de répudier, si elles sont erronées, les doctrines jusqu'alors acceptées; d'écarter les solutions coutumières; de s'interdire même ce qui paraît le droit chemin au profit des voies de traverse. Souvent même la politiqur indigène exige davantage du Gouvernement : renoncer au rôle si
1. Comme un exemple de préoccupations puériles, d'erreurs insignifiantes, que toutefois il faut éviter, je citerai ceci : tout au début do l'occupation de la Haute-Birmanie, à la mort de l'éléphant blanc, si révéré des Birmans, sa carcasse fut traînée et emportée sans respect : ce fut une grosse faute politique.
En 1887, on conslruisit à Mandnlny une maison pour lo Chief Commissinncr et l'on y mit un Pyalhat (ou toit ornemental) emprunté au mur de la ville. C'était un Pyalhnl à 7 clochetons superposés (style bouddhiste). Or, lo chef suprême de la province aurait eu droit à 9. Ce fut mal interprété.
agréable et qu'on croit — surtout de nos jours — si facile, de Providence; abandonner la pratique si usitée de la continuelle intervention, et attendre longtemps peut-être l'occasion d'intervenir à propos; laisser faire les hommes; laisser passer les événements; garder le silence; s'enfoncer dans une apparente inaction; se laisser soupçonner et attaquer; parfois même donner tort à ses nationaux, comme une mère qui, dans une troupe d'enfants turbulents, ne se hasarde qu'à blâmer le sien; savoir qu'une loi est défectueuse et repousser la tentation de la changer; qu'un fonctionnaire est peu sûr et, pour un temps, le maintenir; laisser des charges importantes à des incapables ou à des prévaricateurs, alors qu'on aurait sous la main des serviteurs instruits et intègres. Et toutefois ne pas faire de l'abstention une règle*, et saisir opportunément l'occasion de préparer les changements nécessaires et possibles.
La politique indigène part de ce principe que, bonnes ou mauvaises, le peuple tient à ses coutumes et à ses institutions, et que les nôtres, fussent-elles meilleures, lui paraîtront odieuses, si on prétend lui en imposer le respect ou seulement l'usage; que notre civilisation, à notre gré si parfaite, l'étonné ou le choque et, loin de l'attirer, l'éloigné; et que, convaincus que nous soyons que son intérêt est de quitter la sienne pour la nôtre, il importe de l'y acheminer lentement, à force de patience et de dextérité. Et cette dextérité consiste, sans le décourager jamais ni jamais lui permettre de rebrousser chemin, à l'amener à nous, non ])as lui ouvrant les yeux de force, mais en lui persuadant de les ouvrir; somme toute, en le faisant d'abord évoluer peu à peu dans le sens de sa tradition -,
Voilà ce que c'est que la politique indigène.
Je ne prétends pas que les Anglais soient les seuls ou les premiers à avoir pressenti la nécessité de la politique indigène. Les historiens de notre colonisation riraient de cette affirmation. Je ne dis pas non plus qu'ils n'aient, sur ce terrain périlleux, jamais commis d'erreurs : leur histoire en fourmille. Mais ils ont eu à la
1. Pendant longtemps la Cour des Directeurs et le Gouvernement de la métropole eurent peur d'être entraîn('!S, dans l'Inde, à des puerros ot à des con([u6tes. De là, une politi(|ue connue sous le nom de • non-intervention », recommandée par Londres, et à laquelle Calcutta s'elTon/ait d'échapper (notamment sous Wellesley et Ilastings). En voici, entre cent, un exemple (1812). L'Inde centrale était désolée par des Pindarees sorte de vieHlt;s bandes, vivant de pillage sur un territoire immense. Lord Minto proposait de les combattre, par pitié pour les populations écrasées. La Cour des Directeurs refusa. Mais, après lui, Ilastings marcha de l'avant, fit abandonner la politique de nouintervention et conquit le continent.
2. Cette formule a été critiquée. Elle ne peut l'être que si elle exclut décidément le souci du progrès. Dans ce cas, l'Européen n'aurait plus que faire parmi les peuples qu'il administre.
l'ihde britannique. H
fois une doctrine et une pratique; ils ont fait delà politique indigène, par intervalles, depuis un siècle et, avec suite, depuis cinquante ans*.
Aristocrates, ils ont approché d'abord les princes et les chefs. A mesure qu'ils pénétraient et comprenaient la structure de la société, ils sont, étage par étage, descendus jusque près de la masse du peuple. Arrivés non loin de lui, ils n'ont pas pour cela rompu avec ceux qu'ils avaient connus d'abord. Même lorsque les princes semblèrent devenus inutiles à leur politique, ils n'ont pas cherché à se passer d'eux; ils les ont maintenus, conservés, souvent restaurés. Les vaincus mêmes, ils les ont utilisés-.
Cette politique a porté ses fruits. Sans doute elle a, vers 1837, été fortement éprouvée par la révolte des Cipayes. Mais des erreurs militaires et politiques expliquent ce formidable incident. Et les Anglais, un instant découragés (ils s'étaient, civils et militaires, crus si sûrs de leurs hommes) ont, de nouveau, admis qu'on peut se concilier les indigènes; et ils se sont remis à la politique indigène. Ils l'ont même étendue à plus d'hommes et à plus d'objets; ils l'ont perfectionnée et à la fois rendue plus méthodique et plus bienveillante '.
Sans doute ils ne sont pas parvenus jusqu'ici à jeter un pont sur l'abîme qui sépare la pensée indigène de la pensée européenne. Il n'existe parmi les Indiens qu'une élite fort restreinte, quelques hommes à peine, en mesure de comprendre l'âme de notre civilisa-
1. Les Anglais qui habitent les Indes se plaignent même que, dans son souci de ménager les Indiens, le Gouvernement eu arrive à leur sacrifier les Anglais. Les Chambres de Commerce du Bengale et de Madras et VAnglo-Indian Defencc Association de Calcutta remirent, il y a quelques années, au Gouvernement de lord Curzon, un mémorandum très ferme, au sujet de diverses poursuites engagées d'office contre des Européens coupables d'avoir molesté des Indiens. Le Gouvernement s'est par des statistiques défendu de toute partialité contre les Européens. Mais le fait même qu'il a dii se défendre est significatif.
2. Exemple : les anciens ministres du roi de Birmanie Thibau qui, on échange de pensions modestes (750 à 200 roupies par mois), donnent des avis qu'on écoute. Par toute l'Inde, les pensions payées aux princes et chefs, pour divers motifs dépossédés ou détrônés, s'élèvent h près de 4 millions de roupies par an.
3. On rencontre nombre d'Anglais qui affichent une vive sympathie pour les idées des natives. 11 y a là quelque chose de curieux et de peu connu. Nous, Français, nous nous croyons plus près des indigènes; nous les aimons mieux, nous croyons les mieux comprendre. Ceci doit s'entendre en ce sens que, n'ayant aucun préjugé de race, ni de caste, ni de noblesse, nous nous en approchons davantage. L'Anglais, au contraire, tient au sang et au rang. Mais nous, qui vivons plus prés de l'indigène, le comprenonsnous vraiment? Ses idées nous sont-elles sympathiques? On en peut douter : nous acceptons leur société, nous méprisons ou tournons en ridicule leurs idées.
Au contraire, on voit souvent les Anglais <• emballés » pour les gens qu'ils administrent: comme, chez nous, les Aynionnier, les Pavie, les Salies, etc. L'un brille pour les Bouddhistes, un autre pour les Chinois, un autre pour les Égyptiens. Et leur zèle les amène souvent îi comprendre l'iime indigène mieux que ne fait la masse de chez nous, quoique cependant chez nous les rapports sociaux soient plus fréquents et plus aisés.
tion. Ce qu'on appelle les « classes cultivées » — le groupe, surtout hindou, de ceux à qui prématurément les Anglais ont concédé l'instruction secondaire et supérieure, avant même d'avoir montré à lire au peuple — ne constitue encore qu'une bien faible fraction de la masse. Et, loin d'être conciliées à la domination anglaise, elles s'agitent aujourd'hui violemment et réclament, les uns. plus de places ' et plus de droits, les autres, l'expulsion des Anglais. Auprès d'elles, la politique indigène semble avoir échoué; mais, sans la politique indigène, le prétendu échec eût pu être un désastre. Et, pour le reste, les populations musulmanes et toute la masse du peuple, loin de partager la haine de ces étrangers qu'elles lui dénoncent, ont compris et savent ce qu'elles doivent à la règle anglaise de sécurité, d'ordre et de justice. Elles ont l'intuition que, les Anglais chassés, elles n'auraient que changé de maîtres, et vSans gagner au change. C'est pourquoi, en dépit de tout ce que l'on peut dire, et malgré les grondements actuels, la domination anglaise reste solide : ce n'est pas de l'intérieur qu'elle serait menacée. C'est pourquoi aussi ses méthodes, même ses erreurs, de politique indigène valent d'être étudiées.
1. Dans la province de Madras, qui est, quoi qu'on puisse dire, la plus cultivée il y a, sur 3S.j0O000 habitants, à peine I 500 000 personnes instruites et qui font de l'agitation, | pour avoir un régime plus européen, lequel leur ofîrira plus de places et de fonctions. \
Les autres se contentent d'un Gouvernement patriarcal. L'action personnelle du rési- ' dent, ses tournées, ses visites locales, la justice sous l'arbre, cela suffit à beaucoup, . à 95 ou 98 p. 100. Mais 2 p. 100 (dans l'ensemble total de l'Inde, fi ou 7 p. 100 pour Madras) réclament plus de culture, plus de part dans l'Administration et plus de contrôle des Indiens sur le Gouvernement des Anglais. Telle est la proportion exacte.