‹ L' Inde britanniqueChapitre 59 sur 95 · Voir plus loin. Justice · texte numérisé non relu

Voir plus loin. Justice

3. Les Zenanas sont les appartements des femmes (Act X, de 1882, s. 48); les femme? purdah sont des femmes ([u'on n'approche que séparé d'elles par un rideau ; enlin certaine>' personnes, dont les noms et qualités ont été ofllciellement publiés dans les Gazettes, officielles à celle intention, sont (Acts C40 et 041) dispensées de comparution personnelle.

Elle en comporte de bien plus nombreuses et de fort importantes, ■n ce qui est de la législation civile, dans les portions, même si elles )ntôté codifiées, qui intéressent le statut personnel. Comme on l'a léjà expliqué, le Gouvernement a tenu dans ce cas à réserver aux ndiens (Hindous ou Musulmans) la jouissance de leurs lois propres textes religieux ayant partout autorité, sur les sectateurs de chaque eligion, ou usages locaux constatés) particulièrement en ce qui oncerne le mariage, l'adoption, l'indivision familiale, le partage, i succession intestat et testamentaire, les biens vacouf, etc. '.

Pour ce qui concerne les tenures de la terre et l'impôt foncier 'and-revenue), il y a eu compromis entre les principes anglais et idiens.

Les lois des Hindous et des Musulmans sont de deux sortes : loi outumière et loi écrite. La loi écrite a autorité par toute l'Inde; la outume, par régions, ordinairement de petite étendue. La loi crite des Hindous, c'est principalement les lois de Manou, lois révèles, qui furent ensuite commentées par les diverses écoles de •rahmanes. Celle des Musulmans, — j'ai déjà dit de quoi elle se Dmpose. Elle est si ample qu'il a paru impossible de la codifier. Ile reste dispersée dans d'innombrables recueils où, depuis long- (mps, ni le juge ni le plaideur ne songent à l'aller consulter. En )rte qu'aujourd'hui c'est, non plus la loi écrite que l'on invoque, tais la jurisprudence, telle que l'ont façonnée les tribunaux angloidiens.

Il en est à peu près de même de la coutume. Elle a été, notamment jur tout ce qui concerne l'héritage, les successions, les mariages, adoption, les droits des femmes, le mariage, le divorce, etc., icueillie du mieux qu'il a été possible, et toutefois dans des coudions d'information assez défectueuses -; et, d'autre part, ce qui a ,é représenté par les habitants comme coutume locale a souvent irii aux Anglais si oppressif et si dégoûtant (notamment pour les roits des femmes) qu'on l'a modifié d'après les idées occidentales.

Ces modifications ont été l'œuvre et de la jurisprudence «'i de la

-islation. Les Acls du Parlement, qui avaient garanti aux Indiens

I indication de leurs lois et coutumes, n'étaient pas de ceux que le

1. Jo rappelle toutefois l'exception, presque unique en ces matières, citée plus Imul, :;0i. de la loi de 1850.

.'. In fonctionnaire du Pendjab a donné une esquisse de la mrtliode suivie. On avait

' rnhié à Lahore des représentants de toutes les classes, et de leur bouche on avait

l'illi la coutume existante. Puis un hoard aii^^lais, comjiosé des deux Lawrence et

inflques autres, l'avait revisée et confirmée. Mais elle était, dans itiaint endroit, si

i-e et si fuyante, que ce qu'on api)eile aujourd'hui couluine est moins ce i|iii exis-

iue ce qu'on a cru exister.

pouvoir législatif de l'Inde n'avait pas le droit de réformer. Poussé tantôt par le sentiment des nécessités pratiques et tantôt par des idées d'humanité et de morale, il les a réformés sur les points où ils les heurtaient le plus \ L'opinion indigène quelquefois a suivi le législateur dans cette voie et quelquefois l'a combattu. On la trouve encore souvent hésitante sur des questions qui révoltent les Européens ^ C'est affaire de temps et d'éducation.

Quant à la jurisprudence, son action lentement réformatrice, moins manifeste et, par là même, moins ressentie par les indigènes, a été également très puissante. Elle a eu souvent pour effet soit, en faisant usage de la prérogative du juge d'équité, d'adoucir certaines dispositions des lois et coutumes indigènes ; soit, au contraire, par une jurisprudence peu à peu cristallisée, de donner à des textes hindous une autorité générale, qu'ils n'auraient pas eue par euxmêmes; soit enfin d'étendre aux Hindous, sous l'influence du voisinage des lois anglaises, le bénéfice de pratiques européennes dont leur loi leur refusait l'usage commode et avantageux ^

Cette intervention de la jurisprudence, cette constante interprétation des textes et des coutumes a eu des résultats à l'ordinaire satisfaisants. Toutefois, comme elle a été l'œuvre et de volontés et d'initiatives individuelles, agissant selon leur science et conscience, mais sans direction commune, elle a abouti à des décisions divergentes et parfois même contradictoires, qui ont donné aux plaideurs cette idée que le hasard y joue un rôle et ont développé parmi la population le goût de plaider.

Enfin — dernier procédé de modification du statut des indigènes — il arrive que Hindous et Musulmans renoncent volontairement à la loi personnelle à laquelle ils auraient droit, pour se soumettre à l'action des lois anglo-indiennes, qui leur offrent plus de garanties*.

1. Il a notamment (côté moral) supprimé le sutlee, coutume des veuves de se brûler sur le bûcher du mari (1829), l'esclavage (1843), certaines incapacités résultant de la

;' perte de la caste (1850), l'interdiction aux veuves de se remarier (18S6), etc. Et, d'autre part (côté pratique), il a, par exemple, modifié complètement la loi des contrats par le General Contract Act de 1872.

2. Exemple : Il y a des cas où la loi ou la coutume en vigueur est dure ou oppressive. En droit musulman, le mari peut divorcer de sa seule autorité. Il signifie sa volonté à

f sa femme. Dans les classes riches, il est quelque peu retenu par la nécessité de restituer le douaire, souvent élevé, de sa femme. Dans les classes pauvres, rien de tel. Quand la femme devient vieille, laide, impropre au travail, le mari la chasse de chez lui, avec trois mois d'aliments. C'est là une solution immorale, qu'il faudrait modifier. La législature indienne y est toute prête; elle attend l'adhésion de l'opinion musulmane.

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