Heber, Ed. de Warren, A. de Soltikoff, etc
nique d’un mystère; je m’éloignai avec le sentiment d’en avoir vu la célébration religieuse elle-même1. »
Le quatrième jour de la fête peut en être considéré comme l’épilogue. Sîta délivrée, déclarée sainte et pure par les dieux , est conduite en triomphe dans un superbe palanquin, où elle siège à côté de son mari. Une procession pompeuse les ramène au palais royal d’Ayodhia... c’est-à-dire chez leurs parents respectifs, où ces pauvres enfants doivent avoir grande hâte d’arriver et de se dédommager par un repos prolongé de la fatigue , du bruit, de la fumée et de la poussière qui forment l’inévitable accompagnement de leur rôle.
S’il faut en croire une rumeur généralement répandue chez les Musulmans et les Anglais, le terme de ces cérémonies était aussi autrefois celui de l’existence de ces jeunes acteurs, que des sucreries habilement empoisonnées par les brahmanes envoyaient siéger parmi les dieux qu’ils avaient représentés. Que cette accusation ne soit qu’un de ces contes qu’on fait si souvent aux voyageurs ou qu’elle soit légitimée par des faits réels, aujourd’hui rien de semblable n’a lieu , ni même n’est possible. La surveillance des maîtres actuels de l’Inde est telle, que, même sur les territoires de leurs vassaux, toute fraude pieuse est impraticable, et que les Ramas et les Sitas de chaque année vieillissent désormais comme les autres enfants au milieu de leurs contemporains.
Après tant de pages consacrées à la légende populaire, qu’il me soit permis de dire un mot du sens historique que la science moderne croit en avoir extrait. Environ dix-sept cents ans avant Jésus-Christ, Rama, prince de la race solaire régnante à Ayodhia , élevé dans toute la ferveur du brahmanisme naissant, se