‹ L'Inde contemporaineChapitre 113 sur 166 · Docteur Hooker, H imalay an journal, t, I, p · texte numérisé non relu

Docteur Hooker, H imalay an journal, t, I, p

Bsrrackponr , le Trlanon de l'Inde.

Ma première course hors de Calcutta avait été pour ce lieu d’étude et de contemplation ; ma seconde me conduisit à Barrackpour, château de plaisance des gouverneurs généraux.

Le nom hybride de Barrackpour 1 indique son objet : c’est une station militaire constamment occupée par plusieurs régiments d’infanterie native. Quelques milliers de huttes de nattes , plus propres que celles des faubourgs de Calcutta et régulièrement alignées, abritent les cipahis. Leurs officiers européens habitent sur la lisière du camp, dans de nombreux bungalows d’un extérieur assez rustique , mais pourvus au dedans de tous les genres de confort transportés d’Angleterre dans l’Inde.

Un fossé sépare le camp de Barrackpour du parc magnifique au milieu duquel lord Wellesley commença à bâtir , il y a un demi-siècle , le palais de plaisance du gouverneur général. Agrandi par ses divers successeurs , il est devenu , pour une famille seule , une habitation magnifique. Son péristyle fait face à Sérampour, qui , sur la rive opposée de l’Hougly , a l’air d’une décoration d’Opéra élevée tout exprès pour former un point de vue charmant aux hôtes de Barrackpour.

« A force d’argent et de bras , le niveau parfait des plaines où coule le Gange a été assez tourmenté à Barrackpour pour animer son beau parc de quelques mouvements de terrain. On y a fait avec goût des montagnes et des vallées, afin d’être obligé d’y bâtir quelques ponts d’un effet agréable; rien de tout cela n’est heurté ni

1. Ville des casernes. Barrack, caserne, en anglais; poura, ville, en sanscrit.

mesquin , et tous les accidents du sol semblent dus à la seule nature. Sur un gazon toujours vert se dressent , . tantôt en massifs serrés , tantôt en clairières , et çà et là en tiges isolées , des manguiers , des pipeuls , des lauriers d’Inde, des banians, des tamarins, des mimoses, des casuarinas, des cocotiers , des dattiers, des borassus et d’admirables gerbes de bambous. Le tour des massifs les plus imposants , ou le pied des plus grands arbres, est garni d’une bordure d’arbrisseaux à fleurs : lauriers-roses , apocynées superbes , ou jasmins aux larges pétales qui embaument au loin les parcours des sentiers. Ailleurs ce sont des roses de l’espèce qui s’est répandue si abondamment de ce pays en Europe ; des pêchers dont le fruit est amer, mais succulent et parfumé; puis des orangers, des citronniers, des grenadiers de la taille de nos futaies, mais qui ne servent là que d’ornement. Nos jardins d’Europe n’offrent pas cette richesse et cette variété de feuillage qui ne peut, au reste , être déployée avec avantage que sur un vaste terrain ; dans un cadre étroit elle ne produirait qu’une bigarrure mesquine, plus bizarre qu’agréable *. »

Si vaste que soit l’habitation du gouverneur général , elle contient plus de salons de réception que de logements véritables ; car, dans ce climat , il serait impossible de dormir dans des pièces qui ne seraient pas disposées de manière à recevoir la brise de mer ; et le nombre de ces pièces doit être assez borné, même dans un palais. Il s’ensuit que celui de Barrackpour est uniquement réservé à l’usage du gouverneur général et de sa famille. Ses aides de camp et les étrangers qu’il invite sont logés dans des bungalows, ou pavillons séparés, affectant le style rustique et disséminés sous les nobles ombrages

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