‹ L'Inde contemporaineChapitre 13 sur 166 · I. Annuaire des Deux-Mondes , 1850, p · texte numérisé non relu

I. Annuaire des Deux-Mondes , 1850, p

mériquc des baïonnettes et de l’artillerie européennes amena l’heure de leur défaite dernière , ils succombèrent comme ils avaient vécu , en soldats, sans entacher d’aucune faiblesse la cause du khalsa qui périssait avec eux.

Un mois plus tard , le 28 mars 1849 , une proclamation de lord Dalhousie, nouveau gouverneur général, annonça aux peuples de l'Inde que le royaume du Pundjab avait cessé d’exister; que toutes les possessions du maharajah Dhulpi-Singh faisaient désormais partie intégrante de l’empire anglo-hindou. La proclamation ajoutait que le jeune maharajah serait traité avec les honneurs et les égards dus à son rang ; mais comme le nom de cet enfant pouvait servir de mot d’ordre à des mécontents ou à des conspirateurs, le gouvernement de l’Inde le fit transférer de Lahore, où il était captif, dans une forteresse près de Patna , où son éducation est dirigée par un médecin anglais. Sa mère , la maharanie Junda-Khor , que les Anglais appellent peu galamment la Messaline , la Jézabel du Pundjab , arrêtée d’abord, est parvenue à se réfugier à la cour de Katmandou dans le Népaul. Les chefs de l’insurrection expient leur tentative dans la citadelle d’Allamabad ou dans les donjon? du fort William. Les plus redoutables restes de leurs bandes ont été internés dans l’Hindoustan, les autres , transformés en gendarmes, font la police urbaine ou rurale au profit des conquérants. Le peuple des cinq rivières, qui, en grande majorité, n’est, il faut le dire, ni sikhe ni afghan, mais djat d’origine et d’institutions, laboure et récolte sous l’administration anglaise plus paisiblement qu’il ne faisait depuis bien des générations, et attend les améliorations administratives, les routes et les canaux que ses maîtres lui ont promis, en échange des deux millions sterling qu’ils retirent de leur nouvelle conquête.

Limites naturelles , superficie , population , armée et exploitants de l’empire hindo-britannique.

Ainsi , moins d’un siècle après Dupleix , ont été consommées au profit de l’Angleterre les dernières conséquences des plans qu’il avait formés pour la France. Par l’acte d’annexion du Pundjab et du Peichawer, l’empire anglo-hindou a atteint les

INTRODUCTION

limites mêmes que lui a préparées la nature : les monts Solcvmans, l’Himalaya et la chaîne de l’Aracan protègent commo d’un mur de circonvallation non interrompu toutes celles do ses frontières que ne baigne pas l’Océan.

Dans cet immense périmètre , les territoires et les populations se répartissent comme il suit , en deux catégories :

Milles carrés. Population.

Provinces directement soumises aux

Anglais 676 000 1 07 825 000

États protégés et dépendants. . . . 690 000 52 941 000

Totaux 4 366 000' 160 766 000

Dépassant sept fois la France actuelle en étendue et presque cinq fois en population, cet empire est gardé par une armée de 320 000 hommes; il est exploité par moins de 70 000 Européens de tous grades, militaires, employés civils, négociants ou planteurs ; il est enfin la propriété de 4 800 porteurs d’actions de la Compagnie, dont 400 femmes et un bon nombre d'interdits* !

Nous verrons dans les pages suivantes comment on y vit et comment il est gouverné*.

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