‹ L'Inde contemporaineChapitre 14 sur 166 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le voyage de l’Inde, autrefois et aujourd’hui. — Suez, les paquebots de la Transit East Company. — L’aristocratie et la démocratie à bord. — Traversée. — Bombay, sa population. — Indous, Parsis. — Modes de funérailles. — Le tombeau de Victor Jacquemont. — Les Natchs-Girls ou Terpsichores hindoues. — Les hommes et les femmes de l'Inde. — Antiques monuments d’Éléphanta et de Salcette. — Débris vivants des populations primitives. — Les Pouliahs. — Excursion à Goa. — La forêt vierge et le3 tigres. — Les reptiles de l’Inde. — De Bombay à Pouna. — Les brahmanes Deccanis. — Les bœufs sacrés. — Les cantonnements et les soldats anglais. — Le choléra.

I.e voyage de l'Inde. — l.es paquebots de la Transit liant Company,

Depuis longtemps mes études m’entraînaient vers l’Inde; les conseils de Burnouf, mon illustre et vénéré maître, m’y poussaient, lorsque, il y a quelques années, différents intérêts privés en souffrance dans cette contrée, et dont on me confia le soin ou la solution , abaissèrent devant moi les seuls obstacles qui pouvaient m’arrêter encore; obstacles toujours considérables pour quiconque n’est pas millionnaire, prince russe, voyageur du jardin des Plantes ou commis de la vieille dame de Londres ‘.

t. Incarnation mythique de la Compagnie des Indes-, suivant les croyances populaires des Indous.

Au temps de nos pères, un voyage dans l’Inde nécessitait, comme préliminaire indispensable, la traversée de l’ Atlantique et de l’océan Indien dans leurs plus grands diamètres, navigation dont le moindre inconvénient était une énorme perte de temps. On sait qu’il fallut un demisiècle d’efforts aux Portugais du xv* siècle pour frayer cette route à Vasco de Gama, qui mit près de deux ans à la parcourir, et que, de nos jours encore, le trajet des côtes de France à Pondichéry coula neuf mois à notre compatriote Victor Jacquemont. Grâce à la vapeur et à la réouverture de la vieille route de l’Inde par l’Égypte et les mers Érythrées, il peut être franchi aujourd’hui en quelques semaines.

Vers la fin de l’hiver de 1850, neuf jours après avoir quitté Marseille, j’arrivais à Suez, dans une sorte d’omnibus qui fait maintenant le service du désert, entre le Caire et ce port de la mer Rouge. Le paquebot de l’Inde, arrivé de la veille, chauffait déjà pour repartir ; comme j’étais porteur d’une recommandation spéciale de notre consul de France à Alexandrie pour l’agent de la Transit East Company , je n’eus qu’à me louer de ce gentleman. En retour d’une des meilleures cabines du bord et de quelques avis utiles qu’il me donna, il reçut de moi cent livres sterling pour mon passage, et tout fut dit entre nous.

La traversée, à moins de sinistre ou d’avaries graves, ne pouvant guère durer plus d’une quinzaine , cette somme faisait à peu près 1(50 francs par jour ; c’était, on l’avouera, payer en prince , et j’avais donc le droit d’être traité comme tel. Je n'étais pourtant pas sans quelque crainte à cet égard, d’après ce que m’avaient raconté des voyageurs en retour de l’Inde, que j’avais rencontrés au Caire. Selon eux, le désir du gain est très-ardent chez la Compagnie de transit, et parfois elle considère un peu ses pas-

sagers comme des ballots de marchandises ; à tel point que, dans le convoi dont les narrateurs avaient fait partie, elle avait pris plus de passagers qu’elle n’avait de places à donner.

On s’était arrangé comme on avait pu, mais on s’était trouvé un peu à court de vivres, et des plaintes publiques, solennelles, comme les Anglais savent seuls les faire, les lire, les commenter, avaient été formulées et signées. Un clergyrnan, un évêque, était au nombre des mécontents1!

Cependant cette fois j’en fus quitte pour la peur.

Parmi mes compagnons de route, il y avait des officiers et des civilian de tout grade, retournant à leur poste après un congé prolongé par tous les moyens possibles, puis des jeunes gens, la plupart attachés à quelque grande maison de commerce de Londres ou de Manchester, qui devaient se répandre sur divers points de l’Inde ou de la Chine ; et enfin de blondes jeunes miss, qui, sous la protection de l’honneur et du pavillon anglais, allaient rejoindre leurs fiancés, pour se marier et échanger, après quelques mois de séjour dans l’Inde, le frais incarnat de leur teint contre la pâleur mate ou la teinte jaunâtre que le climat de ce pays appose sur le visage de l’Européen.

Notre capitaine était un homme de fort bonnes manières, sans prétention, mais sans l’autorité réelle nécessaire à bord d’un vaisseau de cette importance. Sous le rapport administratif, il était subordonné au purser , sorte de commissaire ou d’homme de confiance de la Compagnie, chargé des premiers de ses intérêts, de ses intérêts d’argent; et, sous le rapport de la navigation, il ne pouvait avancer ou s’arrêter, ancrer ou déraper qu’avec l’autori-

1. Victor Fontanier, Voyage dans le grand archipel de l’Asie,

sation de l'agent spécial que l’administration des postes entretient à bord de tous ses paquebots.

A la poupe de ces bâtiments est une dunette traversée par une galerie sur laquelle s’ouvrent des deux côtés d’élégantes cabines, aérées par des persiennes. Sous cette dunette s’étend la pièce principale du navire, la salle à manger , donnant accès encore à quelques cabines qui complètent les chambres de la première classe. Celles de la seconde sont sur l’avant, avec les logements des officiers et des matelots.

I/arlstocrntle et la démocratie à bord.

Pendant toute la traversée, nos habitudes furent celles de la société anglaise à terre. Nous nous levions de bonne heure pour prendre un bain, auquel succédait une tasse de thé ou de café. Vers neuf heures, les dames, en toilette du matin, sortaient de leurs cabines, et on procédait au déjeuner; seconde toilette à deux heures et second repas, le lunch ; troisième toilette pour dîner, et après on se rendait sur la vaste poupe où chacun, selon ses goûts, se promenait, causait ou dansait, car le bâtiment possédait quelques musiciens portugais engagés à Bombay; puis on servait le thé, et ce n’était qu’après cette collation, qui est encore un repas, que chacun se retirait chez soi.

C’étaient des festins de Lucullus, une bombance perpétuelle, et encore trouvait-on moyen de faire des extra. Deux fois par semaine la boucherie du navire était en activité, et ces jours-là on servait du champagne, c’est-àdire qu’on ne buvait pas d’autre vin. J’aurais préféré, je l’avoue , payer moins cher et être traité avec plus de simplicité ; ces toilettes sans fin et cette bonne chère sans trêve étaient également fatigantes. Mais l’exagération du luxe et des dépenses entre précisément dans les com-

binaisons de la société britannique , et il suffisait pour s’en convaincre de considérer ce qui se passait aux secondes places.

Là, parmi la démocratie qui se pressait quelquefois sur les limites infranchissables élevées entre son modeste camp et celui de la première classe, je ne tardai pas à remarquer un homme aux habits fatigués, à la chevelure et à la barbe incultes, mais dont l’œil plein d’intelligence et les traits empreints de dignité placide contrastaient avec son humble apparence. Voyant que je le regardais avec une certaine curiosité, il m’adressa la parole en français. C’était un de ces dignes missionnaires dont tout le monde s’accorde, dans l’extrême Orient, à reconnaître le courage, la résignation et la vaste instruction ; après un court séjour en France, il retournait dans l’Indo-Chine, où il avait déjà longtemps vécu, qu’il connaissait beaucoup mieux qu’aucun membre des sociétés géographiques d’Europe , et où il espérait , disait-il en souriant , que Dieu lui accorderait d’être utile aux hommes , soit par sa vie, soit par sa mort.

Eh bien ! ce digne prêtre, qui certes n’avait pas son égal, parmi tous ces brillants passagers des premières places , était parqué aux secondes. Il ne pouvait , à ce litre, et bien que l’espace ne manquât pas, respirer l’air que dans le voisinage de la machine, jouissant de Ta chaleur qu’elle ajoutait à celle d’un soleil équatorial. Le lieu où il couchait était enfoncé dans la cale, sous celte fournaise. La table où il prenait ses repas n’était alimentée que par la desserte de la première table, et encore cette desserte n’arrivait-elle jusque-là qu’après que les nombreux domestiques des deux sexes appartenant au paquebot et aux passagers de la première classe, y avaient largement puisé; on les voyait, quand les maîtres avaient fini, s’installer à leurs places, et, sous la présidence du

maître d’hôtel , personnage important, recommencer ce que d’autres venaient de faire. Restait-il quelque chose, on le faisait passer aux passagers du second ordre.

« Pour eux le champagne ne coulait jamais à flots ; on leur mesurait tout, et les douceurs du bord, le laitage, le beurre frais, les fruits, leur ôtaient inconnus. Il fallait qu’ils rongeassent leurs minces reliefs en silence , car ils n’auraient jamais osé réclamer auprès du purser ; le maître d’hôtel même ne les écoutait pas; ils n’étaient pas gentlemen. Un Anglais se contentant d’une seconde place, se résignant devant ses compatriotes à ce rôle de paria , aurait été montré au doigt , repoussé de leur société, si loin qu’il allât la chercher : il aurait compté parmi les anges déchus. On comprend combien ces mœurs aristocratiques servent les intérêts de la Compagnie qui exploite les paquebots ; elles ne flattent pas moins les passagers des premières, assurés qu’ils sont de ne pas rencontrer ce qui leur est le plus odieux au monde, la pauvreté1. »

Parfois pourtant ces préjugés les exposent à de rudes désappointements, à de cruels mécomptes. A l’appui de cette assertion, il me suffira, je pense, de rappeler ce qui arriva, pendant mon séjour dans l’Inde, à lord H***, récemment nommé gouverneur de Madras.

En se rendant à son poste, ce souverain de 23 millions d’âmes et de 21 000 lieues carrées rencontra à Suez, installé dans la cabine la plus confortable du paquebot, un Français, dont la tenue, le costume et le langage réalisaient le type convenu du parfait gentleman. Irréprochablement chaussé, ganté, rasé, portant cravate blanche et linge de batiste, changeant à chaque repas de. vêtements marqués au meilleur eoin du goût moderne, s’il

1. Victor Fontanier, Voyage dans l’archipel Indien, p. 142, 144.

voyageait sans suite et s’il n’avait inscrit sur le registre du bord qu’un simple nom de baptême, c’est qu’il avait sans doute de bonnes raisons pour garder l’incognito, des raisons politiques, peut-être. Si à la masse énorme de ses bagages on eût pu le prendre pour un commis voyageur transportant en Orient des échantillons de toutes les fabriques parisiennes, sa parole sentencieuse, son geste grave, sa réserve hautaine et quelque peu ironique devant les produits de la cuisine et de la cave du purser, repoussaient bien vile cette supposition , non moins qu’une couronne de comte, apposée sur chacun de ses nombreux colis.

D’ailleurs il parlait pertinemment des salons de Londres et de Paris , et sur les bals de lord C*** , les fêtes du comte W***, les dîners du baron R*4*, donnait des détails tels, qu’il fallait forcément admettre qu’il y avait pris une part active ; bien plus , quelques paroles , semées comme par mégarde dans sa conversation, laissèrent supposer qu’il avait vécu dans l’intimité de lord Dalhousie, et que ce gouverneur général de l’Inde anglaise l’attendait à Calcutta. Toutes ces données, rapprochées, supputées, commentées par l’inquiète curiosité de tous ses compagnons de voyage, les amenèrent tout doucement, et lord H*** tout le premier, à conclure que ce mystérieux personnage ne pouvait être qu’un commissaire envoyé par le gouvernement français dans ses établissements de l'Inde, ou, tout au moins, le gouverneur de Chandernagor.

Ceci admis, l’étranger devint naturellement le lion du bord, le point de mire, le centre d’attraction de toute la petite société flottante. Sa conversation fut recherchée, son attention ambitionnée, sa supériorité en toutes choses incontestablement établie. Lord H*** le proclama sans rival au whist, ne voulut plus à ce jeu d’autre partner, et

s’estima heureux devoir pendant les repas, assis h sa droite, un homme qui , à la première vue, rejetait impitoyablement dans les degrés infimes de la hiérarchie vinicole les vins qu’on lui présentait comme provenance des premiers crus. C’était, en vérité, un esprit universel que ce Français. Au concert du soir, au moment même où sur le gaillard d’arrière il échangeait avec lord H*** des bouffées de panatellas ou de graves appréciations politiques sur les hommes et les choses de l’Europe, on le voyait s’approcher nonchalamment des exécutants pour relever une note égarée ou discordante , ou encore approuver d’un geste protecteur un passage difficile victorieusement franchi. Autour du plateau de thé il apportait la même condescendance magistrale, ne dédaignait pas de donner son avis sur la meilleure composition du précieux breuvage , et semblait connaître , autant que Robert Fortune lui-même , toutes les variétés de la plante aromatique. Heureuse alors la jeune miss qui, chargée des difficiles fonctions d’Hébé , parvenait à échanger contre un sourire approbateur la tasse édulcorée et la rôtie qu’elle avait artistement préparées pour ce mortel privilégié ; car, il faut le dire, bien qu’il eût visiblement doublé le cap Quarante, il pouvait encore prétendre au titre de bel homme, et on croyait savoir qu’il était garçon.

Ainsi, roi de la fashion, il régna sur le paquebot, de Suez à Ceylan, où il prétexta une indisposition pour refuser une invitation à dîner que lui envoya le gouverneur de l’île ; de Ceylan k Madras , où lord H*’* voulut en vain le retenir et faillit lui casser trois doigts, tant il mit d’énergie k lui témoigner, k l’heure de leur séparation, ses regrets et son estime; et enfin de Madras k Calcutta, où ses bénévoles compagnons de voyage apprirent avec stupeur que celui dont ils avaient recherché l’ascendant, admiré l’aisance, applaudi les gestes, brigué les suffra-

ges, les regards et les sourires, n’était autre qu’un habile cuisinier de Paris, que lord Dalhousie venait d’enlever aux gastronomes de l’Occident pour le placer à la tète de ses fourneaux !

Il faudrait être Anglais pour comprendre et décrire la confusion des dupes volontaires de cette mystification; lors de mon passage à Calcutta et à Madras, c’était l’objet de la conversation de tous les salons européens ; on en jasait, et on en jase peut-être encore, avec autant de tristesse que de ricanements, et je suis sûr que, dans toute l’Inde, il n’y a que lord Dalhousie qui ait osé en rire franchement.

Traversée. — Coucher du soleil aux abords de l’Inde.

Après avoir successivement laissé à notre gauche le mont Sinaï et le golfe de Tor, les. côtes de l’Hedjaz , où se cachent Médine et la Mecque, les villes sacrées de l’Islam, puis les terrasses volcaniques de l’Iémen , où mûrit la fève de Moka, nous vînmes jeter l’ancre, le sixième jour de notre voyage, dans le portd’Aden, ancien cratère éboulé, que les Anglais appellent complaisamment le Gibraltar de la mer Rouge , mais qui n’est encore , en dépit des nombreux millions enfouis dans ses rochers et de bien des milliers d’existences humaines sacrifiées à son insalubre climat, qu’une station postale et un dépôt de charbon.

Aussi , ce fut avec un vif sentiment de joie que j’aperçus, dans cet affreux bassin, le paquebot de Bombay, sur lequel notre steamer, qui poussait jusqu’à Singapoor, devait verser tous ceux de ses passagers et de ses colis qui n’avaient pas à doubler le cap Comorin. J’étais dans cette catégorie.

Dès le lendemain , notre nouveau navire débouchait

dans l’océan Indien, nous laissant entrevoir k tribord, dans l’horizon embrasé du sud , la masse élevée du cap Gardafui et les arides rochers de Socotora, la Dioscoride des anciens. Après huit jours d’une navigation paisible , sur ces flots que les flottes des Ptolémées mettaient trois mois à traverser, nous aperçûmes à notre avant une longue ligne de côtes courant du nord au sud, basse, boisée, chargée de chaudes vapeurs et doublée sur l’arrière-plan d’une seconde ligne de hauts sommets. C’élaienl les rivages de l’Inde, la côte du Concan, l’archipel de Salcette et de Bombay, et dans l’horizon lointain la chaîne des Ghauts occidentaux.

En ce moment le soleil , incliné au couchant, étendait horizontalement ses rayons sur la surface plane de l’Océan en la diaprant de tous les reflets de la nacre et de l’opale, tandis qu’il pénétrait de ses vivifiantes effluves les chaudes vapeurs dont le voile diaphane flottait sur les contours boisés de la côte et sur les gradins étagés des montagnes de l’arrière-plan. Seule, la zone de forêts qui couvre les terres basses de l’île de Salcette demeurait dans l’ombre, et sur cette ombre veloutée, d’un pourpre presque noir, se détachaient d’une manière admirable les monuments de Bombay, ses villas, ses palmiers et les agrès de ses vaisseaux.

A peine le disque solaire eut-il disparu , qu’un jet immense d’un vert pâle et transparent, qu’on eût dit lancé par un prisme invisible, vint occuper sa place et marquer jusqu’au zénith la route qu’il avait suivie dans l’espace. Ni la plume ni le pinceau ne sauraient rendre la variété de tons, d’accidents et de mouvements que cette apparition répandit k travers les magiques ondulations de la lumière défaillante; un réseau d’or et de feu semé d’une éblouissante poussière de pierres précieuses n’eût rien produit qu’on pût lui comparer.

« J’ai revu plusieurs fois depuis ce magnifique effet de soleil couchant sous les tropiques. J’en ai étudié soigneusement toutes les circonstances de couleur et de lumière. C’est une niaiserie des peintres que de chercher l’imitation de ces aspects de la nature ; elle passe les moyens de leur art1. »

Je remarquai en cette occasion un fait que j’ai été à même de constater depuis, en dépit de l’opinion delà plupart des voyageurs et des savants. L’intervalle qui s’écoule entre la disparition du soleil et la tombée de la nuit est plus grand dans ces régions qu’on ne le pense et qu’on ne le dit généralement. Je fis part de mes doutes à cet égard au missionnaire dont j’ai parlé, homme instruit et qui a fait de longs séjours dans ces latitudes ; il les partageait entièrement. Plus de trois quarts d’heure après le coucher du soleil, la lueur du crépuscule suffit encore pour éclairer notre débarquement et nos premiers pas dans Bombay.

Bombay. — Aspect, richesse, population. — Les salons du gouverneur.

Héritière de toutes les grandeurs déchues de la côte occidentale de l’Inde, de tout le commerce qui fit autrefois la renommée et la fortune de Cochin , de Calicut, de Goa, de Suratê et de Cambaye, Bombay s’élève au milieu d’une forêt de palmiers , sur un îlot coralligène qu’une chaussée unit à la grande île de Salcette. Son port, où aboutissent tous les produits de l’ouest et du nord de l’Inde à la destination de la Chine et de l’Angleterre, ne le cède à aucun autre en importance et en activité. Ses relations commerciales sont plus étendues que celles de

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