I. Prince A. de Soltikoff
DU BENGALE A CEYLAN
Un autre intérêt que celui de l’humanité appelle les Européens dans le Ghondwana , dont les torrents , après la saison des pluies, roulent des diamants. Les anciennes mines de Golconde sont aujourd’hui épuisées ; on en soupçonne de bien plus riches dans les rochers où le Mahanuddy prend sa source, dans le plateau boisé qu’il arrose de ses méandres avant de s’incliner à l’orient vers la mer du Bengale. L’espoir de découvrir un jour la gangue mère de ces trésors n’a pas été sans influence sur la décision qui a fait passer par les régions les plus sauvages du district de Sumbulpour la grande route postale de Calcutta à Bombay.
Lf temple et le» pompen religieuse* de Djaggernuut ou Ujaganatta.
Gomme le docteur de la Chaumière Indienne , je me rendis de Balasore à Djaggernaul en palanquin ; mais je dois avouer que je n’arrivai pas comme lui à la fameuse pagode par l’avenue de bambous qui côtoie le Gantje et les îles enchantées de son embouchure' ; et ceci par les raisons bien simples : 1° que cette avenue n’existe pas plus aujourd’hui qu’aucune des huit autres que le bon docteur fait diverger vers autant de royaumes ; 2° que l’embouchure et l’ile la plus voisine du Gange sont à plus de cinquante lieues de Djaggernaut; 3° et qu’enfin mes yeux, eussent-ils pu atteindre jusqu’à elles, n’auraient pu contempler que la nature la plus désenchantante du monde dans les amas de vase et de sable que se disputent l’eau douce du Gange et les flots salés de l’Océan.
Il n’est aucun temple un peu notable dans l’Inde qui n’ait sa procession annuelle. Celui de Djaganatta a le privilège d’en posséder une par mois. Dans ces pompes