Nom donné aux bayadères sur la côte de Coromandel
DU BENGAIJ2 A CEYLAN.
de cuir, que leur forme ronde condamne inévitablement à un mouvement rotatoire, fort amusant sans doute pour celui qui le contemple, comme le sage de Lucrèce, assis mollement sur la rive , mais fort peu rassurant pour le passager qui , livré aux évolutions d’une toupie, est bientôt incapable de distinguer le point d’où il s’éloigne de celui où il va aborder.
Le soir de ce même jour , une marche un peu forcée me fit atteindre Pondichéry.
Cette ville est unique entre toutes celles de l’Inde par l’heureuse union qu’elle a réalisée des deux caractères asiatique et européen ; c’est une ville de France enchâssée dans les couleurs magiques, dans la riche végétation de l’Orient. La culture soignée, la fraîcheur des allées d’arbres, l’élégance des ponts jetés sur de nombreux canaux, la beauté des chemins souvent ornés de statues, les délicieuses habitations semées dans la campagne font encore aujourd’hui un petit paradis de tout ce district. Nulle part le cocotier n’est si beau, le palmier éventail ne se penche avec plus de grâce ; nulle part les rizières ne sont plus fraîches, la population indigène plus douce, plus active , plus morale. Malheureusement la population blanche s’éteint chaque jour; maison retrouverait encore dans ses débris la bonhomie créole , la simplicité et la grâce française. « Je regrette toujours que tant de gens affligés d’une fortune médiocre et de goûts élégants, traînant douloureusement en France une vie de privations entre les besoins de notre triste climat et les besoins factices de notre civilisation, ne sachent pas quelle douce existence ils pourraient mener dans ce petit Eldorado , dans ces nids de verdure qui entourent Pondichéry*. *
Là vivent à l’ombre du drapeau français, plus paternel -