Montholon Semonville , Reçue des Deux-Mondes
LE SUD DU DECCAN
ruminant autour d’une grande girafe empaillée. Toutes ces vaches étaient sacrées , avaient les cornes recouvertes d’argent , et des chaînes de même métal au cou.
On tient ainsi toujours une partie de ces animaux sur le perron du palais, où on met à leur disposition une grande quantité de fourrage, ce qui ne contribue guère à la propreté de l’entrée royale. J’y ai vu une femme qui, profitant d’un moment propice, se lavait les mains à la source jaillissante qui sortait de dessous la queue d’une de ces bêtes sacrées, les frofclant avec des marques visibles de satisfaction et d’amour-propre. N’est-ce pas le cas de dire : « Où diable la vanité va-t-elle se loger? »>
Je trouvai à Maïsour des porteurs nouveaux et un guide envoyés à ma rencontre par le colonel Z*** , qui , ainsi que je l’ai dit, m’avait donné rendez-vous dans les montagnes du Goïmbetor. Dès le lendemain je pris , en conséquence , la direction du sud.
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Cette route me conduisit, après quelques jours de marche, au pied des premières chaînes des Nilgheiries*. Je commençai à gravir leur pente à la tombée de la nuit. Je laissais derrière moi l’atmosphère lourde et brûlante de la zone torride. Quel ne fut pas mon étonnement de m’éveiller au point du jour caressé par une brise fraîche et parfumée, aux chants de l'alouette décrivant ses spirales au-dessus des guérets en fleurs et tout brillants de rosée ! Sautant immédiatement à bas de mon palanquin , je me mis à marcher à pied sous le soleil , ce que je n’avais pas fait depuis que j’avais quitté l’Hima-