‹ L'Inde contemporaineChapitre 151 sur 166 · I . Houmayoun , fils de Babeur · texte numérisé non relu

I . Houmayoun , fils de Babeur

vaincus, l’extinction de leurs préjugés hostiles, l’identification de leurs intérêts et la fusion de leurs croyances. Dès que le penchant aux émotions des batailles et la recherche des jouissances guerrières se furent atténués dans l’âme d’Akbar par l’habitude du triomphe et peutêtre par l’horreur du sang versé , il se sentit entraîner à l’étude des populations dont les destins lui étaient confiés, et tout d’abord il dut reconnaître la grandeur du rôle que la race hindoue avait rempli et remplissait encore en Orient. La supériorité de cet élément social sur tous ceux que l’émigration ou la conquête lui avaient agrégés ne pouvait échapper à la sagacité d’Akbar. Élevé dans la religion musulmane, affermi sur son trône par l’énergie de ses frères d’armes et de croyances , on le vit pourtant rechercher l’alliance des grandes familles hindoues , appeler rajahs et brahmanes dans ses conseils, et confier à un corps de rajpouts la garde intérieure de son pa-; lais '. Si les murs sanglants de Tchittore et les champs de batailles du Malwa lui avaient révélé le courage et la fidélité des rajpouts, il savait apprécier, d’autre part, la merveilleuse aptitude des autres classes de la grande famille brahmanique pour tous les détails de l’administration et de la fiscalité , pour tous les procédés de l’agriculture et de l’industrie. Il se plaisait à discourir de la science et de la philosophie antique avec les pundits, si déchus qu’ils fussent de l’érudition de leurs ancêtres, et, tandis qu’il chargeait des musulmans sanctifiés par le pèlerinage de la Mecque de traduire en persan les livres sacrés du brahmanisme, il plaçait des nobles hindous à la tête de ses armées musulmanes ou de sa grande réforme administrative.

Ainsi, faisant de l’unité gouvernementale, de la fu-

Page 1