Equivalent sanscrit de notre mot code
entrepreneurs de la culture, et le reste de la population naît, vit et meurt en état de dettes vis-à-vis d’eux. Chaque paysan a son compte ouvert avec le savkar, auquel il paye toute sa vie l'intérêt du capital de sa dette, que viennent grossir les saisons fâcheuses et les événements de famille, les mariages surtout, et qui ne diminue que lorsque survient une succession de saisons favorables.
Nulle part ce déplorable ordre de choses n’a produit plus de misère que dans le Deccan ; mais la coutume antique qui livrait ainsi l’imprévoyance et la folie des pauvres à l’avarice des riches imposait une limite aux droits des créanciers sur leurs débiteurs. Les intérêts composés ne pouvaient élever indéfiniment le capital de la dette. Ils cessaient lorsque ce capital avait triplé. Il n’y avait point de contrainte par corps , point de saisie d’immeubles au profit du créancier. D’après la loi anglaise, substituée à la coutume hindoue, les juges sont obligés aujourd’hui de dépouiller d’anciennes familles de leur manoir héréditaire. De là bien des gémissements, bien des réclamations. Hâtons-nous d’ajouter que l’inflexibilité de la loi anglaise amènera graduellement la population hindoue à répugner davantage aux engagements pécuniaires, et deviendra un stimulant fécond de travail. Mais en attendant, les débiteurs actuels, endettés pour leur compte ou seulement héritiers de dettes de famille contractées sous une législation différente, souffrent durement du changement et surtout ne comprennent pas que les juges et les magistrats ne soient pas autorisés à modifier la loi qu’ils appliquent1.