I. Jacquemont, Journal , JII* vol, p
Le collège anglais et le collège Hanscrit de Ponna.
M. Elphinstone, qui, plus qu’aucun autre haut fonctionnaire de l’Inde, s’est montré jaloux de répandre parmi les natifs les lumières de l’Europe et de créer parmi eux une bourgeoisie respectable en cultivant leur intelligence, a fondé dans plusieurs grandes villes de son gouvernement des écoles où l’anglais, le dessin, la géométrie , l’algèbre et leurs applications sont enseignés aux jeunes Hindous. Pouna possède la plus grande de ces écoles. Elle égale celle de Calcutta et, mieux que cette dernière, devrait répondre , par sa position méditerranée, au vœu de son fondateur. Mais le peu de débouchés offerts jusqu’à présent par l’administration aux sujets formés dans ces établissements limite forcément les élèves à un bien petit nombre. A part de rares emplois d’expéditionnaires dans les bureaux du gouvernement, ou d’aides géomètres dans ceux de l’ingénieur en chef, nulle carrière n’est ouverte aux ambitions modestes qu’excite l’éveil des idées nouvelles. L’algèbre, l’histoire d’Angleterre ne servent pas plus à ces jeunes gens pour gagner leur vie , qu’en Europe , à la plupart d’entre nous, l’éducation classique qu’on nous donne. Un de ces élèves, un des meilleurs de l’école, m’assura-t-on, se proposa pour me servir de domestique, et je l’aurais pris si sa famille eût consenti à son éloignement'.
Non-seulement les maîtres sont payés , mais les écoliers reçoivent du gouvernement S roupies (52 fr. 50 c.) par mois. N’y a-t-il pas de la cruauté à donner à de pauvres enfants une éducation supérieure à celle de leurs familles? à leur présenter, durant les premières années de