Édouard de Warren, Athxncum français, n
AHMEHNAGARA. — ELLORÀ.— AURUNGABAD. 69
•Le paysage qui sert de cadre à la tombe de Salabat pourrait rivaliser avec les plus beaux de ceux que le vieux Yalmiki s’est complu à décrire. Comme lessiles du Tchitrakouta, si connus de tous les lecteurs du Ramayana, celui-ci déroule jusque dans les vapeurs laiteuses de l’horizon ses ondulations de verdure , d’eaux et de rochers , ses harmonieuses oppositions de prairies et de coteaux , de guérels et de bois, d’ombre et de lumière. Comme le Tchitrakouta, « avec ses cascades , ses ravins, ses ruisseaux serpentant de toutes parts... avec ses rideaux de lianes balançant leurs guirlandes fleuries et leurs suaves effluves devant des grottes mystérieuses , il semble le berceau de la félicité *. »
Il ne lui manque pour complément d’analogie que la présence d’un jeune couple d’exilés : d’un Rama, martyr inflexible de sa foi en l’cternel devoir; d’une Sita, pure et tendre hostie de l’amour et du dévouement, l’un disant à l’autre : . .
«....En parcourant avec toi ce délicieux séjour, je « sens que je pourrais oublierje passé, les biens perdus « et l’éloignement des miens.
« .... Qui se lasserait de suivre du regard ce fleuve aux . « sinueux détours, tout parsemé d’îlots, peuplé d’ardéas et « de cygnes, émaillé de blancs lotus et de bleus nymphéas,
« et qu’ombragent tant d’arbres d’espèces variées, inclinés « sous le poids de leurs fleurs et de leurs fruits?
« ... Vois la cime des grands bois; ondoyant sous le « vent comme la face des mers, elle répand sur la terre « une pluie de fleurs. La brise soulève ces légers débris en « nuages embaumés, qu’elle disperse au loin et va mêler « aux vapeurs flottantes à la dérive des torrents et des ri- « vières... dont les flots capricieux tantôt se précipitent