I.a lotir moyenne de l’Inde
L’agent politique de Mundleysir avait servi sous le colonel Sleeman, et, jusqu’à un certain point, avait succédé à ses pouvoirs dans les districts de la Nerbudda; je pouvais donc avoir pleine confiance dans l’authenticité de ses paroles; aussi je ne me lassais pas de l’interroger sur des populations et sur un sol qu’il pratiquait depuis tant d’années.
« Ici, me répétait -il avec une certaine animation, nous sommes au centre des aberrations de l’Inde. J’ai pensé souvent qu’à cette vieille terre revenait à bon droit la qualification de garde-meuble de toutes les folies, de toutes les atrocités qui ont souillé le cerveau humain depuis son premier jour; mais alors la zone moyenne qui suit l’axe des monts Vindhias et court, à l’ouest, jusqu’à la terre deCutch, à l’orient jusqu’à la côte d’Orissa, doit en être considérée comme la sentine.
« Sur une échelle immense, cette zone est quelque chose de semblable à ce qu’étaient au moyen âge de l’Occident le border d’Ecosse et les marches du continent européen. Toutes les variétés de notre espèce, descendant du nord ou remontant du midi, s’y sont croisées, heurtées, combattues, poursuivies et réfugiées tour à tour.
« Sur presque tous les autres points de l’Inde, elles se