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Rapport du générât Burgovne, séance du 19 avril

INTRODUCTION

ait honoré la tribune anglaise. Donnant le signal aux anathèmes dontErskine, Burke et Shéridan, accablèrent plus tard les Verrès de l’Inde, Williams Mérédith porta la parole en ces termes :

« L’histoire ne nous présente rien qui ressemble à ce que nous voyons dans l’Inde, où le gouvernement actuel , réalisant l’union du souverain et du marchand, n’a qu’un principe, l’avarice mercantile , et qu’un moyen , la force. On ne peut comparer le tyrannie des Anglais au Bengale à aucune autre. Jusqu’à ce jour, c’était sur les grands, sur les têtes superbes que la verge de la tyrannie s’était appesantie : ceux-là seuls provoquaient les soupçons ou excitaient la cupidité du tyran. La masse du peuple était laissée en paix : l’humble artisan , le pauvre laboureur étaient trop bas placés pour éprouver les coups de l’oppression. Mais au Bengale l’oppression pèse également sur le riche et sur le pauvre. Les possesseurs do terres ou de Capitaux sont également dépouillés. Si l’artisan a un métier, on le lui brise; s’il a du grain, on le lui enlève; si on le soupçonne d’avoir quelque part un trésor caché, on le soumet à la torture pour le lui faire révéler. Les paroles manquent pour peindre convenablement l’espèce de tyrannie exercée au Bengale.... L’enquête à laquelle nous nous sommes livrés n’a point dissipé toutes les ténèbres. Selon l’expression de Milton , c'est une lumière pale qui n’a fait que rendre les ténèbres visibles et découvrir à l’œil épouvanté un abîme de douleur. «

Et l’orateur frémissant découvrait au fond de cet abîme, d’un côté les scandaleuses richesses des agents de la Compagnie, de l’autre les cadavres de trois millions d’Hindous morts de faim 1

Nouvelle charte et nouvelle organisation de la Compagnie des Indes.

Cette enquête, où la gloire militaire et les services politiques de Clive couvrirent les taches de ses concussions et de ses cruautés, en amena une seconde ayant pour but de reviser les règlements de la Compagnie, dont le privilège expirait. 11 en résulta, au commencement de 1773, une nouvelle charte, dont la plupart des dispositifs sont encore en vigueur aujourd’hui. Elle établit à Calcutta un gouverneur général de toutes les pos- 101 If

INTRODUCTION

sessions de la Compagnie dans l’Inde, avec un conseil supérieur de quatre membres, chargé de la direction suprême des affaires.

Madras et Bombay, érigées en présidence, eurent chacune un gouverneur particulier, mais subordonné au gouvernement de Calcutta pour toutes les questions de paix et de guerre. En cas de division, la prépondérance fut assurée à la voix du gouverneur général, qui devint le véritable souverain de l’Inde, investi de pouvoirs plus étendus à certains égards que ceux dont jouissent la plupart des souverains de l’Europe. Non-seulement il est chef suprême de l’État, il commande les forces de terre et de mer, déclare la guerre, fait les traités de paix, d’alliance et de commerce, nomme aux emplois; mais il peut faire des lois ou règlements nouveaux, abolir ou modifier les règlements antérieurs, et ses décisions législatives, quoique soumises au contrôle du gouvernement suprême en Angleterre, sont exécutoires dans l’Inde jusqu’à ce que la cour des directeurs (nommée par ceux des actionnaires qui possèdent pour 1000 livres sterling d’actions] ait fait connaître ses intentions*.

Warren Hastings, premier gouverneur général. — Quarante cinq

chefs d’accusation monstrueux lui valent un siège dans la chambre

des lords.

Le premier agent revêtu de ce pouvoir exorbitant fut Warren Hastings, déjà titulaire depuis un an du gouvernement particulier du Bengale. On ne pouvait choisir pour continuer l’œuvre de Clive un esprit plus machiavélique, une conscience plus libre du joug de tout principe, une foi plus punique, un cœur plus dénué de pitié.

Son début révéla l’homme tout entier. 11 vendit, deCalcutta, au nawab d'Aoude, pour la somme de vingt-trois millions de francs, les provincesduRohilcundjd’AllahabadetdeCorah, sur lesquelles il n’avait nul droit et que les traités précédents avaient assurés à l’empereur! — Le Rohilcund, où nul Anglais encore n’avait mis le pied, devait son nom aux Rohillas, tribu d’Afghans qui l’avait reçu des derniers empereurs en récompense de leurs

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