Férishta, Histoire des Iimourides de l’Inde
dition , mêlée, comme toujours, de fables puériles, permet aux bhuts et aux churuns 1 du Rajahstan d’évoquer dans leurs chants le spectre sanglant du Djovhar de leur Numance.
La forteresse de Tchittore, qui n’est pas sans analogie avec celles d’Asurghur et de Dowlutabad, est depuis longtemps relevée de ses ruines et couvre toute la cime d’un plateau à pentes abruptes, d’une centaine de mètres d’élévation et de quatre milles de circonférence. Je ne pus visiter son intérieur, quelque envie que j’en eusse, son possesseur actuel , le ranah d’Oudipour, en défendant l’entrée aux Européens. Je ne sache pas qu’aucun voyageur de l’Occident y ait été admis depuis l’évêque Héber, en 1823. Le gouverneur actuel se confondit en excuses, et, se retranchant derrière sa consigne, s’étendit longuement sur la puissance de son maître, sur l’éclat de sa cour d’Oudipour ( la métropole moderne du Meiwar), et n’omit aucune insistance pour m’engager îi aller contempler ces merveilles de mes yeux.
Rien que, depuis qu’un pouvoir plus fort que celui des Timourides règne sur l’Hindoustan, le Meiwar ait perdu l’importance politique qu’il avait du temps des empereurs mogols, il a gardé le premier rang parmi les États rajpouts, dont aucun rajah ne dispute à son ranah la prééminence. Ne payant aucun tribut, tirant encore, bon an mal an, 5 millions de francs d’un pays qui, bien administré, en produirait 25, ce prince a gardé dans son palais toutes les vieilles traditions de l’orgueil des fils du Soleil , et l’extrême étiquette survit, comme toujours, à la toutepuissance. Si j’avais voulu contempler dans sa décrépitude une de ces cours dont les grands poèmes sanscrits peignent avec de si vives couleurs les types jeunes et pleins