‹ L'Inde contemporaineChapitre 67 sur 166 · Jacquemont, Journal, t, I, p · texte numérisé non relu

Jacquemont, Journal, t, I, p

D’AGRA A HURDWAR. 153

Il n’épargna rien pour me rendre douces et profitables les trois semaines de repos que je passai à Agra, et les quelques heures d’entretien intime qu’il voulut bien m’accorder me firent pénétrer dans le dédale de l’administration indo-britannique plus avant et plus clairement que la lecture de nombreux volumes spéciaux 11e m’avait permis de le faire jusque-là.

La lieutenance d’Agra, détachée depuis 1831 de la présidence du Bengale, se compose de toutes les plaines que forme le double bassin de la Jumna et du Gange, de- * puis les confins du Béhar jusqu’aux montagnes du nordouest, de h lisière des contrées montagneuses, et de quelques districts détachés au sud-est de la Jumna. C’est la dernière des subdivisions de l’Inde comme étendue, c’est la plus riche en population relative et en revenu foncier1; et, comme ce dernier point est le grand but poursuivi par l’honorable Compagnie , l’alpha et l’oméga de toute sa politique, il s’ensuit que, dans tous les états de situation fournis par elle au bureau du contrôle, ou au parlement anglais, dans toutes les statistiques élaborées par ses agents, les provinces d’Agra figurent en première ligne et leur administration est citée comme un modèle. Comme je félicitais le lieutenant-gouverneur de ce résultat : « L’honneur, me dit-il, n’en doit revenir ni à ma vieille expérience ni aux connaissances pratiques de mon personnel administratif et financier, mais aux éléments mêmes de la population; en grande partie composée de Djals, elle a conservé plus intacte qu’aucune autre l’antique organisation communale, à laquelle, bien plus qu’aux lois de Manou et à des croyances religieuses sans unité, l’Inde a dû de conserver jusqu’à ce jour un reste de vie.

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