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De grands Hindous comme G. K. Gokhale, Bupendranath Basu, le professeur S. Radhakrishnan, éducateur éminent, dénoncent d’une seule voix cet asservissement moral.
Ce dernier, prononçant en sa qualité de président de l’Association des Universités du Bengale une allocution, disait : « La politique d'éducation du gouvernement faconne des jouets dociles à l'autorité extérieure, mais n’aide pas les enfants à devenir les citoyens conscients de leur dignité d’une nation libre, L’amour du pays natal est la source de tout progrès. Ce principe est universellement reconnu. Mais dans notre malheureux pays, il en va tout autrement!
Une race conquise sent le cœur lui manquer. Elle perd l’espoir, le courage, la confiance. Notre servitude politique nous amène a douter si nous sommes les égaux des hommes libres. L’histoire de l’Inde nous est enseignée de façon à nous faire bien sentir que « notre civilisation a abouti à un échéc » (1). La pire forme d’esclavage, c’est ce découragement, ce désespoir qui envahit les peuples vaincus, nourrissant en eux le doute d'eux-mêmes. Le but de la véritable éducation doit être de vivifier l’étincelle de la dignité et de la fierté nationales. Si nos ressources et nos richesses se perdent, elles se retrouveront plus tard; maïs si nous perdons notre conscience nationale, il n’y a plus d'espoir pour nous. »
Les Anglais accusent les Hindous d’être faibles, obséquieux, efféminés; de manquer
(1) Mot à mot : « India’s failure ».
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