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Mais létendue de lanalphabétisme admise, le mal est-il aussi grave qu’il le serait chez nous en Occident? Nous tirons tout notre savoir du livre et du journal.
Nous avons pris l'habitude d'identifier les
mots « lettré » et « intelligent », « illettré » et « inintelligent ». Nous avons tort. Dans 4 le passé, l'enseignement des grands maîtres
fut oral. Bien des hommes qui font honneur
a l’humanité furent illettrés. Le livre à bon
marché et le journal ne sont les maîtres en | Occident que depuis bien peu de temps. Ce 1 qu'ils ont répandu n’est pas toujours d’aussi bonne qualité que la culture des millions de paysans bengalais qui chantent les poèmes de Tagore. Les Orientaux ont une tradition orale très vivante et leur pensée dépend moins que la nôtre de la page imprimée. D'autre part, bien des grandes nations du passé se sont gouvernées sagement sans que leur peuple sût lire.
Le grand orientaliste Max Müller (dans son ouvrage: «What India can teach us» (1) écrit : « Il existe une éducation sociale, une éducation étrangère aux livres; cette éducation-là est plus répandue aux Indes qu’en = 3 aucune partie de la chrétienté. Par les réci- a à tations de légendes anciennes, les chants et < : les drames religieux, les fêtes, les cérémonies, les pélerinages et les foires, les foules hindoues recoivent une culture générale supérieure au niveau de culture que procurent les écoles, les journaux et même les Eglises des pays occidentaux. Ils peuvent
(1) Ce que l’Inde peut nous apprendre,