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o° La prostitution sacrée existe. Mais il ne faut pas croire que les Devadasis, les danseuses « mariées aux dieux », soient nombreuses, ni qu’il y en ait dans tous les temples. L'institution est confinée à une seule secte du sud de l’Inde, et y est en voie de disparition. Elle a été supprimée et interdite dans plusieurs « Etats indigènes ».
6° L’opium : c’est un fléau grave et très répandu. Les Hindous voudraient le combattre. Mais le gouvernement encourage un vice dont il profite. (Cf. chapitre IX.)
7° L'alcool : la population est consciente du mal. Le gouvernement l’encourage et paralyse ceux qui veulent le combattre.
(Cf. chapitre X.)
8° Enfin, le vice social hindou le plus connu et le plus réprouvé dans le monde entier est peut-être l’existence des Parias ou « Intouchables » ou « Hors-caste ». Is sont trente millions. On indique souvent le chiffre de soixante millions. À l'examen, ce chiffre est excessif. L'Assemblée législative de 1928 confirme le chiffre de trente millions. L’ignominie du traitement que la tradition des castes leur accorde est presque incroyable. On les a comparés aux esclaves nègres de l'Amérique de jadis. Beaucoup vivent dans des conditions de logement, de vêtement, de nourriture encore pires, mais ils ont du moins cet avantage sur les esclaves qu’ils possèdent leur personne et que nul ne songe à disperser et à vendre leur famille. Si bas soit leur niveau social, ils sont des personnes non des choses. Et
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l’un des signes les plus encourageants du réveil de l’Inde, c’est la force du mouvement qui veut les mêler à la société, les traiter en égaux, leur accorder les mêmes droits qu'aux autres hommes. Gandhi, qui a beaucoup accompli dans ce sens, est leur grand, leur puissant soutien.
Voilà les plus grands vices sociaux de l'Inde. II en existe d’autres; la misère du bas peuple, linsuffisance d’eau potable, d'hygiène, de logements convenables favorise la malaria, la tuberculose, le choléra, la peste. Il en sera parlé plus loin.
Les faits que j’ai exposés appellent certaines questions, et ces questions posent des problèmes graves. L'Inde demande à la Grande-Bretagne :
1° Est-il vrai, comme on le répète souvent, qu'à cause de ses plaies sociales l’Inde doive être tenue sous une autorité étrangère ?
2° L'Inde a été placée sous l'autorité de
l'Angleterre pendant un siècle et demi. Pendant cette période, qu’a fait l'Angleterre pour prévenir ou guérir ces plaies sociales (1) ?
9° Quelle raison ont les Hindous de croire que si l'Angleterre continue à gouverner, si
(1) C. F. Andrews, qui a étudié cette question de très près, affirme que, depuis le début de la conquête, les réformateurs hindous n’ont été encouragés et aidés qu’une seule fois, au début du siècle dernier : c'est au sujet de la suppression de l’incinération des veuves sur le bûcher de leur mari.
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