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longtemps que ce fût, elle s’emploiera à faire disparaître ces maux ?
4° Peut-on attendre d’administrateurs étrangers, dont le premier souci n’est pas le bien de leurs administrés et qui ont besoin de largent des impôts pour leurs dépenses personnelles (émoluments, pensions, etc.) et leur politique extérieure, les dépenses nécessaires aux réformes sociales ?
9° Un gouvernement hindou ne serait-il pas plus pressé de faire des lois sociales et d’affecter les impôts aux réformes urgentes ?
6° N’est-il pas prouvé que l'esclavage est une malédiction pour un pays et que 1 l'Inde ne peut espérer la guérison, le progrès et la prospérité que d'elle-même ?
Ces questions pénètrent au cœur de la situation et ne sauraient être éludées.
Depuis plus de trente ans, une organisation nationale : « La Conférence sociale de l'Inde » a travaillé à instaurer des réformes sociales. Son plus grand handicap a été lindifférence, et parfois l'opposition marquée, du gouvernement. La session de 1927 vota une motion exprimant son regret et son désappointement en face de l'attitude du gouvernement et déclarant que : « Il est temps que lEtat élabore une législation sociale. » La Conférence alla d’ailleurs plus loin et affirma sa conviction que cette législation sociale ne peut être menée à bien que par un gouvernement autonome.
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Un seul exemple de la mauvaise volonté du gouvernement : dans la seule année 1927, le relèvement de l’âge du mariage a été proposé trois fois à l’Assemblée législative nationale et aux Assemblées provinciales de Bombay et de Madras, et chaque fois rejeté par le gouvernement. L’excuse des Anglais est que leur position d’étrangers les empêche de s’immiscer dans les coutumes du pays. C’est juste. Mais c’est un argument de plus en faveur de l’autonomie.
C’est ce dont a pu se convaincre un publiciste anglais de valeur, Mr. J. A. Spender, après avoir été étudier la situation sur place : « Il est extrêmement difficile à un gouvernement étranger, ayant une mentalité absolument étrangère au pays, de s’identifier assez avec l'Inde pour lui rendre ces services que tout peuple autonome attend de ses chefs. C’est sur ce fait fondamental que repose essentiellement la défense du Home-Rule (1). »
Personne ne peut juger à la fois la situation de l’Inde et celle de ses compatriotes anglais avec plus de franchise, plus de pondération, plus d’autorité, que C. F. Andrews, missionnaire, professeur, publiciste. Sa conclusion, à la fin d’une analyse approfondie des plaies sociales et de l'attitude du gouvernement à leur sujet est celle-ci : « Mon expérience personnelle est quetous ces changements nécessaires ont été retardés, plutôt qu'accélérés, sous le gouvernement britan-
(1) Cf, « The Changing East ».
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nique de l'Inde. L'œuvre de réforme sociale aurat probablement été deux fois plus rapide si les hommes d'Etat hindous avaient tenu la barre, à la place des Anglais (1). »
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(1) Ici se place, dans l’édition originale, deux sup-. pléments, dont voici le sujet :
I. — Regardant l'éducation et donnant les précisions suivantes :
a) En vingt-cinq ans (de 1882 à 1907), le budget de l'éducation a augmenté de 400.000 livres sterling, celui de l’armée de 8.600.000 livres sterling:
b) Il existe aux Indes une école primaire pour cinq villages; =
c) Les E.-U., avec une population qui n’est pas la moitié de celle de l’Inde britannique, dépensent vingt-six fois plus pour l'éducation, soit cinquante-deux fois plus par habitant.
II. — Regardant l'intérêt croissant des jeunes générations pour les réformes sociales, et les signes de progrès social que l’on découvre dans toutes les régions et toutes les villes de l'Inde. N. du T.
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