L'INDE « BAIGNERAIT DANS LE SANG
Un Américain, visitant Calcutta, deman- « Qu’arriverait-il si vous vous retiriez du pays? » Il recut la réponse suivante, accompagnée d’un geste éloquent vers le Jardin zoologique : « Si vous ouvrez les cages et laissez les fauves s'échapper, vous verrez bien ce qui arrivera. » Le naïf Américain, revenu chez lui, raconta cette parabole, louant avec ferveur les Anglais de s’être donné la noble tâche de préserver ces barbares ignorants de semettre en pièces les uns les autres. Un journal
américain, que Jai sous les yeux, fit un
article de cette histoire. Partout, en toute occasion, les Anglais ont ainsi répété qu’eux partis « l’Inde entière baignerait dans le sang, des Himalayas au Cap Comorin ».
Cette affirmation fait sensation. La plupart des gens qui ne connaissent pas l'Inde y croient. Mis en face de ce dilemme : « Les Anglais ou lPanarchie? » « Mieux vaut les
Vi DS UC elec 20 > MERE PNR io 2 AM 1-1 Re Lo PART EC enr a > roms ARS jé Re ( EC LE Ta 2e ne S
RES
an dr pe
à RS: nant. 7 eg } “ k + se | “SRE ut :héseperre à c Lo DATENT LE x € CA 4 : = TA re ER DU K pas a LE à | :
Anglais, disent-ils (1). » Mais ce dilemme existe-t-il réellement ? (S'il existe, si en cent soixante ans les Anglais ont fait sombrer l'Inde, jadis une des nations les plus éclairées du monde, dans une telle barbarie, ils n'ont aucune raison de s’en vanter et rien ne condamne davantage leur règne) (2).
En fait, nous allons voir que le dilemme ne se soutient pas. D’abord, de quelle nature est le danger dont les Anglais font un épouvantail? Sir Charles Elliott en a exposé le détail dans un article de l’Imperial Review (août 1909). Il prévoit, d’une part, « une prompte invasion de l'Afghanistan au nordouest, du Nepal au nord et des tribus sauvages de l’Assam au nord-est »: et, de l’autre, « des querelles intestines entre les
a . P £ HESS RE FH SR Néons rm die pe
(1) Pas toujours, cependant. À une grande réunion publique, à Londres, en 1900, alors que l’orateur développait l’argument qui sert de titre à ce chapitre, un Anglais, qui fut directeur du grand journal Bombay Chronicle, éclata d’indignation et interrompit l’'orateur. « Au diable votre ordre, dit-il, si J'étais Hindou, je préférerais le désordre et le sang (en dût-il couler, ce que je ne crois pas) à n'importe quelle tyrannie. Les Hindous ne sont ni des moutons, ni des enfants, ils sont des hommes, Donnez-leur la liberté, ils auront vite fait de l’ordre. > (Fragment d’une note de l’auteur.)
(2) Le texte original reproduit en note un passage du discours de Lord Sinha au Congrès National Hindou de 1915, qu’il présidait, et un passage de « Modern India », par V. H. Rutherford, membre du Parlement anglais. La parenthèse ci-dessus donne la substance de ces deux citations, presque identiques, bien que l’une émane d’un Hindou, l’autre d’un Anglais.
N. du T.
D dl d we" 1