PENSE
Anglais et les Hindous par leur mentalité et leur conception de la vie. Autrement dit, leurs deux civilisations sont aux antipodes lune de l’autre. Celle des Hindous, qui met au second plan l'acquisition des biens matériels, l'argent et le confort physique, et qui tient pour primordiales la bonté, la sympathie, les choses de lesprit et de la religion, déconcerte le fonctionnaire anglais, civil ou militaire. Pour lui, c'est là un monde étranger et irréel. Ne pouvant le comprendre, il tient pour certain qu'il est sans valeur, et il le méprise.
€ Il n’y a jamais eu de peuple assez parfait pour en gouverner un autre », a dit Lincoln. |
La Grande-Bretagne fait-elle exception?
Son gouvernement intérieur est-il impeccable ? Alors, pourquoi tant de querelles de partis, de renversements de ministères, de changements de politique ? Des gens qui tâtonnent de la sorte sont-ils infailbles et omniscients dans le gouvernement d’un pays étranger, dont ils ignorent presque tout, et dont ils ne comprennent pas les besoins ?
L’Angleterre envoie-t-elle au moins ses administrateurs les plus clairvoyants, les plus intelligents, et tels qu’on n’en saurait trouver d'aussi bons parmi les Hindous ?
Il faut le reconnaître, certains des Anglais qui vont aux Indes sont des hommes capables et des fonctionnaires
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excellents, égaux, mais non supérieurs aux Hindous de l'élite; seulement, si certains sont ainsi, beaucoup sont nettement inférieurs, Un certain nombre sont des fils de famille, qui ont songé à la « carrière » hindoue parce qu'elle est lucrative, courte (vingt-quatre ans, dont quatre de congés), et ieur procure une confortable pension pour ie reste de leur vie. Ils arrivent aux Indes au sortir des écoles, sans pe ne sachant rien des affaires qu'ils vont administrer, Ce qui les sauve des bévues, c'est l’aide des Hindous compétents qui sont sous leurs ordres! Combien voit-on de ces Hindous instruits, capables, expérimentés, servir sous les ordres de ces jeunes Anglais qui chez eux ne seraient jugés bons qu'à remplir une fonction administrative ou commerciale de second ou de troisième ordre! Acquerront-ils au moins de l’expérience ? Voici ce qu’en pense Ramsay Mac- Donald : « J’ai rencontré des fonctionnaires qui avaient passé vingt ans aux Indes. Ils connaissaient peu d’Hindous, discutaient rarement les affaires publiques avec eux, étaient incapables de répondre aux plus élémentaires questions sur la vie hindoue.
Leurs opinions sur les choses d'actualité
sentaient de loin la conversation de club et l’article de journal (1). »
MacDonald rappelle que, jadis, Lord Curzon considérait que tout administrateur
devait apprendre la langue de ses adminis-
trés, afin de pouvoir s’entretenir directe-
(1) « Awakening of India » (Eveil de l'Inde).
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