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Au cours du procès qui suivit l’interdiction, on a fait remarquer au Tribunal que sit l'ouvrage est considéré comme séditieux, il faut aussi mettre en accusation Ramsay MacDonald, et les leaders travaillistes anglais dont les écrits et les discours, constamment cités par l'auteur, corroborent en tous points ses assertions.
A la nouvelle de l'arrêté d'interdiction, un groupe d'Américains représentatifs, ayant à leur tête John Dewey et Norman Thomas, ont adressé au Premier Ministre anglais Ramsay MacDonald une énergique protestation contre une mesure qui eonstitue une atteinte grave à la liberté de la presse.
Le Secrétaire d'État de l'Inde a tenté de justifier cette mesure arbitraire devant le Parlement anglais. Mais au sein même de la Chambre des Communes, « India in Bondage » a trouvé des défenseurs, qui ont
rendu hommage à sa modération et à son.
équité.
L'ouvrage a été réédité en Amérique, où
il a reçu le meilleur accueil. Le gouverne-
ment de l'Inde «a aussitôt fait savoir aux éditeurs américains qu'aucun exemplaire de l'édition nouvelle ne pourrait étre importé aux Indes. Un tel ostracisme, résistant à tous les témoignages en faveur de ce livre, montre assez qu'on le supprime, non parce qu'il calomnie, mais parce qu'il dénonce, et que le gouvernement britannique de l’Inde n’ose pas laisser la vérité se faire jour,
Au moment où j'écris ces lignes, l'avenir
de l'Inde est aussi incertain qu'il y a trente
Ê ans, alors que je commencai à m'intéresser Y à cette nation malheureuse. La presse
L publie les rapports des commissions et des
conférences que le gouvernement britannique réunit pour discuter le problème de l'Inde. On annonce d’autres commissions el d'autres conférences. On convoque, on enquête, on discute, on rédige des rapports, on adopte des résolutions. Mais l'Inde est toujours enchaînée. Pour combien de temps encore ?
Jabez T. Sunderland.
New-York, décembre 1930,
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