‹ L'Inde enchainéeChapitre 23 sur 227 · NE · texte numérisé non relu

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L'Empire britannique est une constellation de nations libres. » Et sir Austin Chamberlin, parlant à la Société des Nations en 927 qualifiait l'Empire britannique de « grande République de Peuples Libres ».

Comment ces hommes d'Etat peuvent-ils tenir un tel langage quand ils savent que les quatre cinquièmes des sujets de lEmpire, — les trois cent vingt millions d'Hindous, -— sont les esclaves êt non pas les égaux des quarante-cinq millions d'Anglais qui les gouvernent par la force.

Rien n’est si dangereux, en politique, qu'un pouvoir qui ne doit de comptes à personne. Or, l'Angleterre exerce ce pouvoir aux Indes: Peut-être aucune nation ne se tirerait mieux qu’elle de cette épreuve redoutable. Raison de plus pour qu’il ne soit jamais possible à une collectivité dans la vie publique ou à un individu dans la vie privée d'exercer un tel pouvoir. Le risque est trop grand. Les maux inhérents au despotisme, trop graves, trop irréparables. Ceux à qui l'Angleterre confie ses destinées ne sauraient abuser d’un pouvoir dont ils doivent répondre devant lé peuple anglais. Le gouvernement canadien est responsable devant le peuple canadien. Il en est de même dans toute nation libre. Mais, — c’est là la grande erreur, la grande anomalie, — l'Angleterre gouverne l'Inde sans reconnaître aux Hindous la moindre fresponsabilité politique. Le peu de libertés et de privilèges politiques dont ils jouissent sont des « faveurs gracieusement accordées », et non des droits. Ce qu'en toute

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