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d’autres œuvres littéraires lui ont donné la notoriété et nous ont disposés à attribuer de la valeur à ce qu’il fit aux Indes:
deux de ses Essais qui manifestent de la sympathie pour les Hindous accentuent cette impression. Mais ceux qui étudient d’une manière approfondie sa carrière aux Indes et les fruits qu’elle a portés, sont de plus en plus enclins à conclure que son œuvre pêche par la base et qu’elle est un des facteurs qui ont le plus contribué à dénationaliser l'Inde (1), à bafouer sa civilisation, à introduire chez les Hindous l’imitation servile des Anglais au lieu de les encourager à réformer leurs institutions, à poursuivre leur idéal, à évoluer selon leur génie particulier.
Cette critique vaut aussi bien pour le système éducatif dans l’élaboration duquel Macaulay eut un rôle important que pour le système Judiciaire qu’il créa de toutes piéces.
Il semble incroyable que la tâche difficile (prodigieuse, si elle avait été menée à bien), d’élaborer un code de lois pour les populations nombreuses et diverses d’un immense pays, eut été confiée à un jeune homme presque inconnu venant de la lointaine Angleterre, qui n’avait Jamais été aux Indes auparavant, ne connaissait aucune langue hindoue, ignorait presque tout de l’histoire, des coutumes, des institutions, de la civilisation du peuple pour lequel il
(1) L’expression du texte est « de-Indianize x. Il faudrait, pour la traduire, forger « désindianiser »,. N. du T,
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allait légiférer. C’est ainsi, pourtant, que l'Angleterre s’y prenait pour organiser lnde. Les hommes qu’elle y envoyait, même comme ns iours généraux, n'en savaient pas plus — Macaulay.
Le major Basu, dans son œuvre intitulée The rise of the Christian Power in India (1) exprime lopinion de tous les lettrés hindous lorsqu'il dit « Macaulay vint dans ce pays pour y trouver le pactole et pour s’enrichir aux dépens des fils de l'Inde. »
Macaulay était pauvre. En 1833, un an avant son départ aux Indes, il se plaignaït à Sa sœur de ne gagner avec sa plume que deux cents livres sterling par an. Rien d'étonnant à ce qu’il songeât à l'Inde, où beaucoup de ses amis amassaient des fortunes. Il se trouva que les directeurs de la Compagnie des Indes Orientales, qui administraient alors les affaires du pays, désiraient instituer un système judiciaire plus facile à manier que le SYS stème existant. Un nouvel office fut créé dans ce but, celui de « Law Member » menbre juriste) du gouvernement et attribué à Macaulay. Le traitement était princier : dix mille livres par an (un progrès sur les deux cents livres que lui gagnait sa plume!) Il écrivit à sa sœur: « Des personnes qui connaissent bien Calcutta, y fréquentent les milieux les plus distingués et y ont tenu les plus hauts emplois, m’assurent qu’on peut y vivre luxueusement pour cinq mille livres
(1) « L'établissement de la puissance chrétienne aux Indes. »
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et que lon peut économiser le reste augmenté des intérêts. Je pourrai donc retourner en Angleterre, à trente-neuf ans, en pleine vigueur, avec une fortune de trente mille livres. » (750. 000 francs-or)
À cette époque-là c'était la richesse. Mais ce n’est pas tout. Macaulay fut encore nommé « Law Commissionner » (Commissaire juriste), avec les SPPORMERRDE sUpplémentaires de cinq mille livres. Si lon songe que des émoluments aussi injustifiés et excessifs étaient payés à quantité d’autres Anglais sur les finances d’un peuple sans cesse menacé de famine, on ne s’étonnera plus que le pays ait été positivement vidé de sa richesse.
Le code élaboré par Macaulay fonctionna-t-il bien ? Eut-il pour lInde de bons résultats ? Le major Basu répond catégoriqueme nt : non. Ce code était, dit-il, « de nature à dégrader le peuple; à rendre précaire la vie et la propriété; à encourager la corruption et l'esprit de chicane.
On voyait bien qu’il avait été fait sans considération philanthropique, sans sympathie envers l'Inde, et uniquement dans FPintérêt des Anglais. Aucun pays civilisé ne prévoit pour les délits des peines aussi lourdes. Le législateur se laisse évidemment guidé par le principe « une fois délinquant, toujours délinquant ». Aucune idée de la rééducation, mais des dispositions rejetant à Jamais de la société l'être coupable. Ce code n’est qu’une machine à forger des chaînes. Il fait perdre à l’homme toute énergie et tonte
dignité ».
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