LA FRANCE DOIT-ELLE INTERVENIR EN FAVEUR DE L'ANGLETERRE
Un bruit étrange s'est répandu dans Paris 2 comme dans la province 5 et ce bruit court encore au moment où j'écris ces lignes. On a dit et l'on répète3 que la France, indissolublement
1 Ce chapitre était écrit depuis plusieurs jours lorsqu'à paru l'article de M. Veuillot, du 11 septembre, réclamant l'intervention de la France à des conditions qui ne sont pas les nôtres. V. cet article aux Documents avec la réponse vraiment digne d'un Français qu'y a faite M. de Lourdoueix.
2 On écrit de Paris au Messager du midi ( V. le numéro du 5 septembre) sous la date du 2 septembre, ce qui suit : « Il y a, en ce moment, en « France, plusieurs agents anglais qui recrutent des officiers français pour " le service de la Compagnie des Indes. Bien que les offres faites au nom u de la Compagnie soient très -brillantes, sous le rapport du traitement, il « ne paraît pas que, jusqu'à présent, beaucoup d'engagements aient eu « lieu. » — Le sang français n'appartient qu'à la France ; nous sommes convaincu qu'un Français ne vendra jamais son épée, quelque brillant qu'en soit le salaire, et qu'il la prêtera moins encore à la plus horrible des tyrannies. — Il y a d'ailleurs quelque part dans le Code Napoléon un article qui porte : « Tout Français qui, sans autorisation de l'Empereur, prendra du service militaire chez l'étranger , perdra sa qualité de Français (art. 21). » — Qui donc de nous voudrait devenir Anglais, même temporairement et surtout pour de l'argent?... On peut changer de croyance, jamais de patrie !
3 Le besoin, comme le malheur, donne des inspirations. Aussi le bruit