CHAPITRE XVII
dans la gorge de la montagne. Nous eûmes encore plusieurs fortifications semblables à passer pour arriver au sommet , et nous admirâmes l’intelligence et l’habileté avec lesquelles les anciens possesseurs du lieu avaient su profiter de ses avantages naturels pour le mettre à l’abri de toute invasion. A la fin nous pénétrâmes dans le fort par un escalier tournant pratiqué dans un guichet flanqué, de chaque côté, par un mur épais qui se termine aux bords d’un précipice. Ce mur est construit de grandes pierres si dures, unies par un ciment tellement solide, qu’on n’y voit pas la moindre trace de dégradation. Le tout ensemble forme une masse de maçonnerie sans nul ornement, mais dont l’aspect est frappant par sa simplicité même et par un air de force qui en fait un beau modèle d’ancienne architecture militaire.
Ije sommet de la montagne sur laquelle le fort de Rbotas est assis s’élève à environ 900 pieds au-dessus du niveau de la plaine. C’est la plus grande élévation qu’il y ait dans toute la contrée; aussi y jouit-on d’une perspective étendue. Nous nous y trouvâmes si bien , que nous y fîmes apporter tous nos ustensiles de campement et que nous dressâmes nos tentes dans l’intérieur* du fort. Nous nous logeâmes nous-mêmes dans un antique palais ruiné, mais cependant encore assez entier pour nous offrir un abri satisfaisant pour quelques jours. Sa situation élevée est cause qu’il n’est pas visité, comme tous les vieux bâtiments de l’Inde, par les reptiles. Aussi nous n’éprouvâmes d’autre incommodité que les ciiailleries d’une multitude de
TABLEAUX DE L’INDE
singes qui avaient élu domicile dans la vallée attenante, et vivaient dans les arbres qui croissaient sur les flancs du précipice, au pied du fort. Ces animaux, quand ils sont réunis en grand nombre, sont un véritable fléau , et leur malice est si profonde qu’il est fort difficile de les expulser d’un endroit dont ils ont pris possession.
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