‹ L'Inde pittoresque. Calcutta. TexteChapitre 110 sur 136 · I.e Fort de Rhotas. — Une Cérémonie funèbre de l’Indostan · texte numérisé non relu

I.e Fort de Rhotas. — Une Cérémonie funèbre de l’Indostan

Le fort de Rhotas , comme celui de Bidzî-Gur, est bâti sur le plateau d’une montagne, mais il est beaucoup plus grand , car il comprend un espace de plusieurs milles, dans le contour duquel il y a plusieurs villages et une population assez nombreuse. Il est défendu de tous côtés par un mur d’énorme épaisseur, excepté aux endroits où l’escarpement du précipice offre une barrière naturelle aux approches d’une armée ennemie.

Au-delà du guichet qui conduit immédiatement à la fortification principale, on voit plusieurs constructions simples, mais d’un agréable effet; ce sont des temples, des palais, des magasins d’approvisionnement, sans compter les hameaux et les maisons isolées. Les bazars sont fournis de tout ce qui est né-

TABLEAUX DE L’INDE

cessaire à la vie domestique de la population, dont beaucoup d’individus ne sont jamais descendus dans la plaine. La perspective prise du point le plus élevé de Rliotas-Gur, à environ un mille de l’entrée, offre un spectacle sublime et que rien ne surpasse , si ce n’est l’aspect sauvage et frappant des monts Himalaya.

Dans le vieux palais que nous occupions, nous nous trouvions heureusement hors de portée du bruit des singes; mais ces animaux, chaque fois qu’ils nous apercevaient au haut des créneaux, ne manquaient pas de nous assaillir de leurs cris tumultueux. Plusieurs fois nous nous amusâmes à faire rouler de grosses pierres sur les flancs du précipice afin de leur imposer silence par la terreur. Mais cela produisait un effet tout contraire. Nos lourds projectiles bondissant avec impétuosité et faisant craquer les arbres qu’ils accrochaient à leur passage, répandaient parmi les singes un tel trouble, que leur caquetage se changeait en cris aigus de détresse. Nous les voyions se lancer de branches en branches en si grandes multitudes que toute la forêt semblait prendre vie. Nous eûmes néanmoins la malice de continuer, au risque d’en tuer quelques-uns. Mais ils esquivèrent le danger fort adroitement et en furent quittes pour la peur. La plaine que nous avions au-dessous de nous et qui s’étendait à perte de vue , nous offrait l’aspect d’une riche culture. Des villes , des villages semés çà et là semblaient annoncer que là vivait une population heureuse et aisée. Mais ces apparences sont trop souvent

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