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CHAPITRE XX

Bode-Gyah. — Temple bouddhiste. — Le Bouddhisme.

En quittant Gyah , nous nous détournâmes de quelques milles de la route directe qui mène à Bode- Gyah, pour aller visiter l’un des temples bouddhistes les plus célèbres de l’Indostan ; il est d’une architecture encore imposante, quoique les ravages du temps se fassent visiblement remarquer dans plusieurs de ses parties. Le corps de l’édifice est un carré massif autour duquel on voit des sculptures en relief délicatement ciselées; ce sont des chefs-d’œuvre de l’ancien art oriental. Les proportions anatomiques y sont observées de manière à prouver que les artistes qui les ont exécutées avaient étudié la forme humaine avec une exactitude peu commune. Les figures ont toute la réalité de la vie dans leur attitude et dans l’action qu’elles représentent. Avec plus de grâce que les sta-

TABLEAUX DE L’INDE

tues égyptiennes, et plus de mouvement que les statues grecques, elles ne sont pas très-inférieures à ces dernières pour la beauté des proportions et la vigueur du dessin. La tour de ce temple s’élève du corps même du bâtiment ; elle repose sur le carré tout entier, et va en s’amincissant graduellement, pour se terminer en colonne, ornée d’un chapiteau élevé à base arrondie et saillante. Sur les murs sont encore de riches bas-reliefs, sculptés avec un goût et un art infini. On pénètre dans l’édifice par un portique en ruine, auquel on monte par des degrés rompus. De chaque côté se trouve un amas de terre qu’on a laissé progressivement accumuler, et qui gâte en partie l’effet que produisent à l’œil les belles proportions du monument.

L’architecture de ce temple ressemble si peu à tout ce que renferme la contrée environnante, qu’on en peut déduire la preuve d’une haute antiquité ; et la conjecture qui donne à tous les autres édifices du voisinage une date plus récente , est ainsi parfaitement justifiée, malgré la réputation d’ancienneté de la pagode de Muddenpour, près de Gyab. Le colonel Todd affirme, il est vrai, que, de tous ces beaux échantillons de sculpture, pour lesquels les environs de Bode- Gyah sont particulièrement renommés, aucun ne remonte au-delà du dixième siècle; mais les données sur lesquelles il fonde son assertion ont quelque chose de très-problématique.

Le temple de Bode-Gyah est totalement abandonné; bien des années se sont écoidées depuis que le genou

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