‹ L'Inde pittoresque. Calcutta. TexteChapitre 120 sur 136 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

être considérée comme criminelle. Un tel système était fait pour amener nécessairement deux résultats. Les Aryas s’emparèrent de la suprématie comme d’un droit qui leur appartenait; les Mlêchas furent disposés à recevoir avec joie le premier innovateur qui serait assez hardi pour déclarer sans fondement les dogmes qui les condamnaient h une dégradation perpétuelle.

11 ne faut pas imaginer que le système des castes ait exclusivement appartenu à l’Inde : au contraire , on a les plus fortes preuves qu’il a dominé dans la majeure partie de l’Asie centrale et occidentale. En Perse, par exemple, les Mèdes prétendirent h la qualité d’Aryas, et, sous ce prétexte, voulurent soumettre les Perses à leur domination. Il est singulier que l’histoire de presque toutes les nations de l’Orient commence à acquérir de la certitude au moment où les restrictions de caste furent détruites; et du sixième siècle avant Jésus-Christ, temps où Cyrus commença la grande révolution à la fois politique et religieuse, qui fut ensuite consommée par Darius, fils d’Hystapes, et par Zoroastre, date une ère importante, non seulement pour la Perse, mais pour l’Inde, pour Ceylan, et les provinces indo-chinoises.

Nous savons que l’introduction d’une religion nouvelle eut lieu dans la Perse et dans l’Asie centrale environ à cette époque; religion d’un caractère plus universel que celle des hrahmes ; qui ne reconnaissait aucune incapacité héréditaire; qui abolit totalement, ou modifia en grande partie, le système des castes,

TABLEAUX DE L’INDE

et qui éleva, comme par une conséquence nécessaire, la dignité des saints et des prophètes au-dessus de celle d’une tribu sacerdotale. Dérivé d’une croyance strictement exclusive, le culte nouveau ne garda aucune trace de ce trait caractéristique de la religionmère, alors qu’il en conservait presque tous les autres. Tl s’étendit rapidement dans l’Asie orientale; mais dans l’Inde, contrée où il avait pris naissance, il rencontra la résistance hostile de ceux dont la suprématie reposait sur le système de castes , et dut succomber dans la lutte.

La nouvelle religion qui s’établit ainsi dans les pays limitrophes de l’Inde, reçut le nom de Bouddhisme, du mot bouddha y qui signifie une personne sainte. Elle emprunta du culte de Brahma sa mythologie , sa philosophie , et une partie de ses rits et de ses cérémonies; mais elle substitua au sacerdoce héréditaire une hiérarchie organisée et des institutions monastiques.

On ne saurait user de trop de précaution en parlant du Bouddhisme; peut-être n’est-il pas de sujet qui ait donné lieu à autant d’absurdités écrites de la part de ceux qui abandonnent l’investigation pour les conjectures. Il s’est même rencontré des gens qui ont affirmé que le Bouddhisme était une religion moins récente que celle de Brahma , quoique les marques de son origine soient empreintes dans tous les points de sa foi et de son rituel, et que le fonds de sa croyance puisse être déduit du Brahminisme par une conséquence logique. Dans la cinquième section de

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